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Côte de Guipuzcoa : de la Bidasoa à Mutriku

Gipuzkoa, Guipuscoa, Guipuzcoa,... ??? Selon la langue à laquelle on se réfère (espagnol, basque ou français), les noms de régions, de villes,... s'écrivent en général avec des orthographes différentes.

 

Le Guipuzkoa est la Province la plus touristique du Pays Basque sud. C'est aussi l'une des plus riches et des plus industrialisées d'Espagne. Elle est accolée à la frontière franco-espagnole, et la ville d'Hondarribia fait face à Hendaye, implantées chacune sur les rives opposées de la Bidasoa ...

Le vieux quartier fortifié d'Hondarribia (Fontarabie), aux ruelles tortueuses et pavées, occupe la colline qui domine la Bidasoa. De nombreuses anciennes demeures s'ornent souvent d'un blason finement sculpté, alors que les balcons fleuris aux couleurs bariolées donnent un cachet particulier à cette partie ancienne.

Sous la vieille ville, s'étire le long du fleuve le quartier des pêcheurs où s'alignent les maisons à pans de bois et aux balcons fleuris. De nombreuses tavernes un peu en retrait du front de mer offrent leurs terrasses où il fait bon déguster des "pintxos" variés (= tapas, amuse-bouche - voir plus loin)...

Le Parc Écologique de Plaiaundi (24 ha) sert de refuge aux oiseaux migrateurs et constitue une étape migratoire importante pour les oiseaux d'Europe. Sa particularité est d'être "coincé" entre Bidasoa, autoroute, voie ferrée et aéroport internationaux, à proximité de la zone industrielle d'Irun ! Mais cela n'a pas l'air de gêner mouettes, grèbes, colverts, hérons ou spatules,...

Située près de l'embouchure de la Bidassoa, la minuscule île des Faisans constitue le plus petit condominium du monde : elle est alternativement gérée 6 mois par la France, puis 6 mois par l'Espagne. Si elle fut ainsi préservée (des digues la consolident, sinon elle aurait disparu depuis longtemps) c'est qu'elle accueillit de nombreux accords internationaux, dont le contrat de mariage de Louis XIV (monument).

En montant au phare du Cabo Higuera (Cap du Figuier), la route étroite domine le port de plaisance et la grande plage de la ville. Les vagues de l'Atlantique battent la falaise rocheuse découpée, alors qu'au loin s'étire la côte basque française d'Hendaye jusqu'à Biarritz...

En quittant Hondarribia vers l'ouest, la route parcourt le Mont Jaizkibel, sommet le plus occidental des Pyrénées (584 m), et offre de beaux points de vue sur la côte déchiquetée. Les troupeaux investissent les prairies très verdoyantes qui descendent jusqu'à la mer, entrecoupées de bosquets de pins et d'ajoncs...

A mi-pente, se dresse l'ermitage de Nuestra Señora de Guadalupe, objet d'un pèlerinage très suivi aux environs du 8 septembre, en remerciement à la Vierge pour commémorer une victoire contre la France. Un petit sanctuaire abrite une vierge noire, alors que la galerie extérieure à colonnes une coquille Saint-Jacques fait référence aux pèlerins de Compostelle.

La terrasse du sanctuaire offre un magnifique panorama sur la baie de Txingudi : au premier plan s'étend le vieux quartier d'Hondarribia, dominé par le cube grisâtre de l'ancien château de Carlos V (transformé en Parador, hôtel de luxe) et le clocher de l'église de l'Assomption et du pommier (où se maria par procuration Louis XIV). Au-delà du fleuve, les quartiers résidentiels d'Hendaye colonisent les collines.

En descendant sur le versant opposé du Jaizkibel, on rejoint une baie qui ne communique avec l'océan que par un étroit goulet, et le long duquel est implanté le village de Pasaia Donibane. De hautes façades aux balcons de bois peints de couleurs vives bordent sa pittoresque rue unique, ...

Si l'on traverse le cours de l'Oiartzun, on rejoint la ville jumelle de Pasaia San Pedro (20 000 habitants), devenu le plus important port du Guipuzkoa. Sur le fleuve, une trainière (ancienne barque de pêche reconvertie en embarcation de course) s'entraîne pour la compétition du lendemain...

Puis voici San Sebastian "l'aristocrate" (considérée comme la station balnéaire la plus élégante d'Espagne), capitale de la province, autour de sa magnifique baie, de sa plage de la Concha et de son port. Au pied du Monte Igueldo, l'artiste Chilida a scellé ses sculptures métalliques dans les rochers...

San Sebastian est une ville réputée pour la qualité de sa gastronomie, et est le paradis des "pintxos", ces amuse-gueule dont les comptoirs des bars regorgent à l'heure de l'apéritif : anchois marinés, moules farcies, tartelettes au poisson, calamars frits, portions d'omelettes, brochettes de gambas, cassolettes d'escargots, etc, etc...

Un peu à l'écart des circuits touristiques traditionnels, pourtant "survolée" par l'autoroute qui franchit la vallée par un long viaduc, la petite ville d'Orio étage ses maisons anciennes en escalier depuis les quais du fleuve Oria. L'église baroque fortifiée de San Nicolás (XVIème s) se dresse au coeur d'un dédale de ruelles surmontées d'étranges passages reliant les maisons.

C'est le fleuve Oria qui fit se développer cet ancien village de pêcheurs, qui eut jadis la réputation de village corsaire, une grosse vague, le mascaret, rendant son accès difficile. Des passerelles à échelles très colorées s'alignent le long des quais, alors que les eaux du fleuve ont formé plusieurs champions d'Espagne d'aviron.

Après quelques kilomètres de côte rocheuse souvent inaccessible, Zarautz propose la plus grande plage de Guipuzkoa, au charme suranné avec ses tentes rayées qui s'étirent le long du Malecón, large promenade ornée de sculptures modernes et parcourant le front de mer...

A l'intérieur de la vieille ville, où vinrent en villégiature la reine Isabel II et le dictateur Franco, subsistent de nombreux palais du XVème siècle. La Torre Luzea, de style gothique, constitue l'un des plus beaux manoirs de la province...

Prolongeant le Malecón, une superbe promenade de 5 km a été aménagée le long de la côte, très souvent en surplomb au-dessus des rochers, afin de rejoindre le village voisin de Getaria. Sa presqu''île du "Raton" est reconnaissable en raison de sa forme de souris...

Protégée par son îlot rocheux, la charmante petite ville de Getaria domine une minuscule baie arrondie. Cette localité de pêcheurs a donné naissance à Sebastian Elkano, premier marin a avoir effectué le tour du monde, et au célèbre couturier Cristobal Balenciaga...

En parcourant les 5 km séparant Getaria de Zumaia, la route suit la côte rocheuse mais offre de belles vues sur les les collines verdoyantes dont les vignes produisent le txakoli, petit vin blanc local d'autant plus réputé qu'il ne s'exporte pas en dehors du Pays Basque...

Dominée par l'église San Pedro (du XVIème siècle), le tout récent port de plaisance de Zumaia a remplacé le port de pêche qui était très recherché dans le première moitié du XXème siècle. De sa jetée s'avançant dans l'océan on a une belle vue sur les falaises qui enserrent la localité...

Mais c'est dans un quartier quelque peu excentré et mal indiqué qu'il faut aller chercher le plus joli cadre de cette côte : la chapelle San Telmo, surplombant la petite plage d'Irtzurun, domine une longue barre rocheuse composée de plaques superposées plongeant dans la mer...

Cette falaise de flysch, vertigineuse, constitue une curiosité géologique impressionnante et unique en Europe. Cet extraordinaire millefeuilles de dalles se prolonge dans l'océan par une originale plate-forme découpée et acérée, particulièrement spectaculaire à marée basse...

Les flyschs sont des formations rocheuses syn-orogéniques (qui se forment en même temps que les montagnes) formées par des alternances de bancs de grès à la base de la formation et de schistes vers le haut de la formation. Ils se forment par dissolution des fragments rocheux arrachés aux montagnes dans les mers périphériques.

C'est à l'intérieur des terres que se poursuit le voyage vers l'ouest, mais de retour près de l'océan, le belvédère de la Punta Aitzandi offre un magnifique panorama sur la côte particulièrement découpée ou alternent falaises de flysch et petites criques se découvrant à marée basse...

C'est d'ailleurs une nouvelle baie entourée de collines verdoyantes qu'occupe la station balnéaire de Deba, implantée à l'embouchure du fleuve éponyme. Et si la plage est encore quasiment vide, il n'en sera rien vers midi, moment où les estivants la prendront d'assaut...

Nous atteignons enfin la dernière ville de la province, enfoncée au fond de sa crique resserrée : Mutriku. Les immeubles modernes partent à l'assaut des collines, alors que les hautes maisons anciennes exposent leurs façades colorées au-dessus du port...

Ce port est très ancien puisque le géographe Ptolémée en signalait l'importance dès le IIème siècle ! Ses habitants se sont longtemps dédiés à la pêche à la baleine, et Mutriku fut le berceau de marins illustres : Antonio Gaztañeta et Cosme Damián Churruca.

Un réseau de ruelles tortueuses et d'escaliers permet de pénétrer dans le village ancien (il fut créé au début du XIIIème siècle) où la qualité architecturale des habitations et la floraison des blasons à la taille impressionnante indiquent la richesse passée de cette localité...

Riche de ses nombreuses plages, de ses ports dynamiques, de ses nombreuses falaises spectaculaires, cette côte colorée et vivante du Guipuzkoa abrite également des petits trésors architecturaux au coeur de certains centre-ville que nous reviendrons visiter ultérieurement...




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