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Monts de Lacaune :

balade au pied du Roc de Montalet 

Les Monts de Lacaune constituent la partie la plus montagneuse et la plus verdoyante du département du Tarn. Situés à l'est dans sa partie la plus étroite coincée entre Aveyron et Hérault, ils abritent les plus hauts sommets tarnais...

Cette région, largement tournée ves le pastoralisme et la sylviculture, est particulièrement enclavée ce qui lui a permis de conserver son authenticité. Très vallonnés, les Monts de Lacaune attirent randonneurs, pêcheurs, curistes, touristes et cueilleurs de champignons.

Enserrée au milieu des montagnes, la ville de Lacaune (2914 habitants) est la seule localité importante du secteur, à l'écart des grandes routes. Ce qui ne l'empêche pas d'être la capitale régionale de la charcuterie. En effet, son altitude, son hygrométrie et sa qualité de l'air favorisent le séchage des jambons ou autres saucissons...

La balade du jour va démarrer depuis le plus haut sommet tarnais accessible : le Pic de Montalet, 1259 mètres d'altitude. Sa crête rocheuse émerge au-dessus des forêts de hêtres, et sa situation privilégiée avait jadis conquis les druides...

Pour accéder au Montalet, il faut traverser le petit hameau des Vidals, situé sur ses pentes, et desservi par une petite route particulièrement étroite et sinueuse. Depuis le Haut Moyen-Age, le Montalet est la propriété collective de ce village, appelée "Acapte des Vidals", et même la Révolution n'a pas mis fin à ce privilège...

Depuis le parking où le véhicule est abandonné pour la journée, pour accéder au sommet, il faut emprunter un sentier qui serpente au coeur de la lande. Au milieu des callunes et des genêts purgatifs, se détachent le jaune des jonquilles et le rouge des myrtilles, en attendant que les grandes gentianes s'épanouissent prochainement...

Arrivés sur la plateforme sommitale, où une table d'orientation permet de repérer les éléments essentiels du vaste panorama à 360° qui s'offre à nous, il est préférable ce matin de s'appuyer au socle de la statue pour photographier... En effet, sur ce piton exposé à tous les vents, aujourd'hui c'est notre fameux "vent d'autan" qui pousse des rafales déstabilisatrices dépassant les 80 km/h...

En direction du nord, c'est un paysage de bocage qui s'étale en dessous de nous, occupant une dépression dans laquelle de nombreuses parcelles sont délimitées par des haies. La majeure partie des terres sont des prairies qui accueillent des brebis de race Lacaune, les quelques champs étant occupés par des cultures de céréales destinées aux animaux...

Côté sud, le contraste est saisissant : place à la montagne, place à la forêt... Il n'est pas difficile de différencier les zones couvertes de feuillus des secteurs qui ont été reboisés au milieu du siècle dernier en conifères ! C'est au milieu de ce moutonnement boisé que va se faufiler le chemin de notre randonnée... Alors, cap au sud !...

Il ne va être que temps de quitter ce sommet soumis aux coups de vent pour rejoindre le lac du Laouzas, but de la balade, dont on aperçoit d'ailleurs à contre-jour une toute petite partie de la rive gauche depuis le pic de Montalet, à quelques cinq kilomètres environ à vol d'oiseau...

En redescendant de la croupe sommitale, un petit cliché pour cette série de motos dont les chromes rutilants font concurrence aux antennes et paraboles qui hérissent le Puech de Rascas : c'est lui, avec ses 1270 mètres, qui est le plus haut sommet tarnais, mais inaccessible... terrain militaire oblige...

Après quelques hectomètres sur le goudron, l'itinéraire s'infléchit vers le sud, et le chemin se faufile au milieu de paysages que l'on retrouvera tout au long du circuit : prairies enserrées dans des haies, landes sèches, hêtraies et sapinières. Par endroits, l'abondance de fleurs compose des mosaïques joliment colorées...

Après une longue descente sur des chemins de terre entièrement immergés dans ce magnifique environnement forestier, à l'écart de toute habitation... Progressivement, le hêtre qui s'épanouit essentiellement en altitude, va laisser la place au chêne.

Nous atteignons la Maison de Payrac, ancienne ferme restaurée par les membres d'une association locale, et qui fait revivre en saison les traditions ancestrales : moissons et sciage à l'ancienne, cuisson au four à fois, travail de la laine, produits et repas du terroir,...

Un sentier de découverte favorise la visite des abords de cette Maison de Payrac : tourbière, palombière, champs, pesquier,... Les zones humides, appelées "sagnes" dans la région sont nombreuses et caractéristiques du paysage local. Afin de les préserver, un chemin de planches sur pilotis a été aménagé pour les parcourir.

A l'entrée de la propriété, une jasse (bergerie) traditionnelle est en cours de restauration : sous-sol voûté en pierre, grange ou poulailler mansardé, toiture couverte de genêts piqués sur un treillis de branchages... C'est une construction caractéristique de ce secteur du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, dont il ne reste plus malheureusement que quelques spécimens...

En poursuivant notre route, nous arrivons sur une vaste esplanade dominant le lac du Laouzas sur laquelle règne la lande ; une statue-menhir s'y dresse (nous en rencontrerons 3 sur l'ensemble de notre parcours). Datant de la fin du néolithique (- 4500 ans), en granite local, elle a été découverte en 2005, ensevelie dans un champ situé en contrebas...

En descendant en direction du plan d'eau, brève rencontre avec un chevreuil et une biche au détour d'un virage. Si la chevrette est en train de se rassasier tranquillement au milieu d'une pelouse généreuse en herbe nouvelle, le brocard veille et ne tardera pas à donner le signal d'un repli protecteur au coeur de la forêt...

En sortant justement de cette vaste forêt, quelques points de vue en direction du lac maintenant tout proche se dévoilent. Dominée au loin par le Pic de Concord (1185 m), connu pour ses bois giboyeux et ses coins à champignons, la base nautique de Rieu-Montagné et sa plage engazonnée attendent le début de l'été pour s'animer. Sur la droite, les pales des éoliennes de Murat sur Vèbre récemment installées sont déjà en action grâce à la fougue du vent d'autan...

Arrivés à proximité du lac, il suffit de suivre les berges de la rive droite pour accéder à la partie supérieure du barrage. Ses eaux alimentant une usine hydroélectrique, son niveau est étonnamment bas actuellement en regard de la pluviosité printannière.

Nous allons arpenter maintenant le cadre bucolique proposé par l'un des 2 cours d'eau alimentant la retenue, le Viau, dont les abords verdoyants sont très parcourus par les pêcheurs... Ce modeste cours d'eau prend sa source près du village de Barre, et se jette dans la Vèbre pour former le lac du Laouzas après 16 km de cours.

On va ainsi accéder au petit village de Nages (330 habitants), qui, à l'image de la randonnée que l'on vient d'effectuer, est lui aussi emprisonné par la nature luxuriante qui l'entoure... Son appartenance aux "stations vertes de vacances" n'est vraiment pas usurpée...

Il ne faut pas passer à Nages sans pénétrer à l'intérieur de sa charmante petite église en pierre (Saint-Victor) qui abrite un trésor très coloré : les fresques dues au talent du peintre tarnais Michaël Greschny, qui les a réalisées à l'aide de matériaux bruts selon les techniques médiévales...

Après avoir parcouru une douzaine de kilomètres, une petite halte à la terrasse de l'ancien château restauré des Comtes de Thézan s'impose : l'eau fraîche coule généreusement à la fontaine-puits que domine le blason de la duchesse de Lévis-Mirepoix, la cave compte quelques bonnes bouteilles de l'Hérault voisin, et le garde-manger regorge de charcuteries... de Lacaune, bien sûr !!!...

  




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