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Escapade sur l'île d'Oléron

1 : balade autour du phare de Chassiron

Le phare de Chassiron est situé à l'extrémité nord-ouest de l'île d'Oléron. Il a été construit en 1834, à l'aide de sable provenant des dunes des environs et des pierres issues d'une carrière voisine du continent.

Particulièrement exposé au vent (un simple regard aux arbres voisins suffit à s'en persuader !), la construction devait être particulièrement robuste : les fondations s'enfoncent à 3 mètres de profondeur, et mesurent 18 mètres de diamètre !

En 1925 (suite à un naufrage survenu 20 ans plus tôt), trois bandes noires viennent ceinturer sa façade, afin de le différencier du phare des Baleines sur l'île de Ré.

La portée de sa lanterne est de 52 km. A l'avant de la tour, se dresse un sémaphore qui est géré par la marine nationale. Les derniers gardiens ont quitté le phare en 1999, tout étant depuis automatisé.

Le panorama sur le Pertuis d'Antioche, bras de mer s'étendant entre les îles de Ré et d'Oléron, est exceptionnel. A 2 km environ de la côte, une balise, la tour d'Antioche, signale l'emplacement des rochers éponymes. Elle fut édifiée en 1858, après que 16 naufrages aient eu lieu dans ce secteur en 30 ans.

Un escalier taillé dans la roche permet de franchir la falaise et de descendre sur la grève rocheuse et caillouteuse, en contrebas du phare que l'on va contourner à proximité de l'eau...

Autrefois, la Pointe de Chassiron était appelée le "Bout du Monde". Les possibilités de promenades sur ses falaises en font un site touristique très fréquenté : amateurs de patrimoine, marcheurs, pêcheurs, ramasseurs de coquillages,...

Au pied de la falaise, sont implantées des écluses à poissons : un long mur construit en pierres "sèches" forme un espace fermé destiné à emprisonner les poissons à marée basse. Leur usage remonte au Moyen-Age, et de 253 il y a un siècle et demi, il n'en reste plus que 14 en service de nos jours...

La marée descendante laisse apparaître de nombreuses cuvettes dans le creux de la plateforme rocheuse. Elles abritent de nombreuses algues(brunes, fucus, laitues de mer,...) et des colonies importantes de bigorneaux, famille composée de plusieurs petits gastéropodes marins...

Les patelles (ou chapeaux chinois) sont également très présentes dans l'estran, accrochées aux rochers. Elles possèdent une réserve d'eau qui leur permet de résister à la marée basse. Leur coquille n'est pas enroulée contrairement aux bigorneaux...

Dès la mise à nu des rochers, une population importante d'oiseaux marins prend possession des lieux à la recherche de proies faciles : mouettes, goélands, aigrettes, tadornes, gravelots,...

La marée descendante dégage une large bande de la plateforme rocheuse. Par contre, à marée haute, les vagues viennent frapper violemment la falaise dont la base est sappée régulièrement et recule progressivement...

En remontant au niveau du phare, on passe à côté de la croix des marins réalisée à l'aide d'une grosse chaîne de navire dont les maillons ont été soudés, et érigée à la mémoire des naufragés...

Le sommet de cette tour de 46 mètres de haut est accessible grâce à 224 marches, dont la majorité sont réalisées en granit de vendée. Au pied du phare, les jardins ont été redessinés en forme de rose des vents.

2 : le port de La Cotinière

En regardant en début de semaine les reportages télévisés sur le mouvement de protestation des marins-pêcheurs en raison du coût du gas-oil (article écrit en novembre 2007), j'ai reconnu des images du charmant petit port de La Cotinière situé sur la côte ouest de l'île d'Oléron.
 

 

 

Quand on arrive à La Cotinière, à voir la taille des parkings, on se doute qu'en saison ce doit être l'invasion (en été, Oléron multiplie sa population par 12 à 15...) ! Pourtant, d'un regard, on embrasse entièrement le port de pêche, souvent qualifié de "petit", alors qu'il est devenu le plus important de Charente-Maritime !...

Sa flottille est composée d'une centaine de navires, dont les coloris vifs font le charme de l'endroit. L'idéal est de s'y trouver en début d'après-midi, au moment où ils rentrent de leur journée de pêche.

On peut assister au déchargement des poissons (langoustines, soles, merlus, crevettes, bars, sardines,...) et aux activités liées à l'entretien du chalutier et du matériel de pêche... C'est que, dans quelques heures, il faudra une nouvelle fois repartir en mer !...

La criée du soir a lieu à partir de 16 heures (il y en a une première le matin à 6h).



La criée s'étant informatisée, on n'entend plus les multiples et spectaculaires vociférations d'autrefois : il suffit d'appuyer sur un bouton pour acheter, alors que le cours s'affiche sur un écran. Plus de 4 000 tonnes de poissons divers y transitent quotidiennement !

On retrouve à La Cotinière tout ce qui caractérise les villes touristiques du bord de mer, le charme et la magie d'Oléron en plus tout de même, les habitations et les rues ayant gardé un certain cachet insulaire.

Sympathiques terrasses des restaurants, magasins divers qui débordent amplement sur les trottoirs, marchés aux poissons et aux coquillages, aquarium ou expositions : comme je le disais ci-avant, en dehors de la ruée estivale (quand on peut...) c'est bien plus agréable pour profiter de l'atmosphère ambiante...

Le port a débuté de façon minimaliste : en 1700, il n'existe qu'une paire d'écluses à poissons et quelques chaloupes pêchant la sardine. Un siècle et demi plus tard, une digue de 135 m est construite, puis prolongée à 320m, essentiellement destinée à l'époque à la réception des navires transportant la nourriture pour l'île.

Le problème de l'endroit, c'est l'ensablement régulier du bassin, auquel s'ajoute en 1870 une tempête qui détruit les jetées. Les ouvrages sont reconnstruits à la fin du XIXème siècle, le phare apparaît en 1900, et la criée en 1910. Le port a été agrandi et modernisé en 1982.

"...C'est l'île d'Oléron, c'est l'île lumineuse

Où le mimosa d'or fleurit malgré l'hiver

auprès des maisons blanches...

C'est la grande charmeuse

Où Loti, éternel voyageur de la mer,

Repose sous un myrte en un dernier sommeil..."

Goulebenèze

D'où l'idée de ces quelques articles pour le présenter à partir de photos personnelles, complétées de quelques images aériennes glanées sur certains sites spécialisés du web...

Elle est en superficie la deuxième île de métropole, après la Corse. Longue de 30 km pour 6 km de largeur, elle est tout d'abord réputée pour ses fameuses huîtres.

Mais l'ostréiculture n'est pas la seule ressource de l'île, loin de là : primeurs, vignes, marais salants, aquaculture (fermes marines), pêche littorale et en mer, tourisme,...

Sur le plan touristique ses atouts sont également nombreux : plages, marais, réserves naturelles, villages aux maisons blanches, pistes cyclables, phare de Chassiron, Fort Boyard, forêt de St-Trojan, etc...

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Cette île, coupée du continent depuis le Vème siècle avant J.C., y est toutefois rattachée depuis 1966 par l'intermédiaire du célèbre pont d'Oléron, reposant sur 45 piles, et long de 3 027 m.

Il permet de franchir le détroit du Coureau d'Oléron, et outre la circulation routière, il transporte aussi l'eau potable, l'électricité et le téléphone. Il fut à péage jusqu'en 1991.

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Le viaduc dut être renforcé entre 1993 et 1995 (relâchement du tablier), et son éclairage a été refait à partir de 2003.

Avant sa réalisation, de nombreux projets (plus ou moins sérieux) avaient été imaginés pour rallier l'île, parmi lesquels : tramway dans un tunnel sous-marin (1875), pont transbordeur métallique (1911), ...ou en pierre (1931) !




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