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Le Luberon (1)

Le Luberon est un massif montagneux, orienté d'est en ouest, qui s'étend sur 80 km entre Cavaillon et Manosque, limité au sud par le cours de la Durance.

A l'ouest, le Petit Luberon culmine à 719 m d'altitude et ses versants sont entaillés de reliefs accidentés (photo au-dessus : son versant nord vu depuis Ménerbes).

A l'est, le Grand Luberon présente un aspect plus massif, et des formes plus arrondies ; il culmine au Mourre-Nègre à 1125 m d'altitude (photo au-dessous : son versant sud vu depuis Cucuron)...

L'histoire géologique du Luberon est rythmée par une succession d'évènements dont on retrouve de multiples témoignages dans le sol. Les mers ont à plusieurs reprises occupé le territoire, et le relief s'est mis en place lors du soulèvement du Massif Central puis des Alpes.

Il y a 100 millions d'années apparaît le "bombement durancien" et la présence d'un climat tropical humide provoque la formation des sables ocreux du bassin d'Apt (en haut, ocres de Rustrel).

Les mers ou lagunes ont longuement recouvert la région à différentes pétiodes (il y a notamment 160, puis 35 et enfin 20 millions d'années) qui expliquent la présence de nombreux fossiles marins (en bas, fossiles d'huîtres à Cadenet)...

Les falaises calcaires du Luberon sont percées de nombreuses grottes ou cavernes (appelées "baumes" dans la région) qui ont été occupées par les hommes préhistoriques ; elles ont servi d'habitat, de lieu de travail ou de sépulture (photo : abri sous roche à Buoux)...

La région a traversé des périodes troublées s'échelonant sur plusieurs siècles, et tout au long de ces décennies perturbées de multiples demeures fortifiées ont été construites sur des buttes remarquables, autour desquelles se sont développé des villages (photo : citadelle de Ménerbes)...

Les multiples aléas de l'histoire ont tout naturellement amené les populations à s'implanter sur des collines afin de bénéficier au maximum des défenses naturelles qu'elles pouvaient offrir. Ainsi, le Luberon compte un nombre important de villages perchés visibles de loin, dont beaucoup figurent parmi les "plus beaux villages de France" (photo : Bonnieux)...

Nous découvrirons quelques-uns de ces villages au cours de cette balade, mais beaucoup d'autres auraient mérité d'y figurer. La plupart d'entre eux étaient protégés par des remparts (dont beaucoup ont été détruits), et l'on pénétrait dans le centre du bourg par des portes fortifiées (photo : Cucuron)...

L'implantation des villages sur une éminence occasionnait la réalisation de rues pentues, qui portent souvent le nom de "calades" ou rue "caladée". Ce terme est fréquemment employé en Provence ou en Languedoc.

Les voies "encaladées" sont parfois pavées (avec des galets prélevés dans les rivières) ou empierrées (avec des pierres provenant des carrières du Luberon ou des Monts du Vaucluse qui sont posées verticalement, sur la tranche). (photo : calade à Bonnieux)...

Le Luberon est situé au coeur de la Provence, et sa composition en calcaire font de l'eau une denrée tout à la fois rare et précieuse. Aussi, à partir du XVIIème siècle, de nombreuses canalisations ont été réalisées afin de conduire l'eau au coeur des bourgs. Il en reste de multiples fontaines, souvent élégamment décorées (fontaine à Grambois)...

La présence sur le sol d'innombrables pierres calcaires a permis la construction de bâtisses originales, réalisées sans liant, et caractéristiques de cette région : les bories. On en trouve un grand nombre sur tout ce territoire, et beaucoup ont été réaménagées après avoir été délaissées pendant des décennies (borie à Gordes)...

De part et d'autre du Petit et du Grand Luberon, les vignes occupent une superficie de 3500 hectares et produisent annuellement 150 000 hectolitres de Côtes du Luberon. Le secteur compte une quarantaine d'unités de production se répartissant entre domaines privés et caves coopératives (vignoble à Vaugines)...

Outre la vigne, l'autre plante cultivée emblématique de la Provence, qui occupe de nombreuses parcelles minutieusement jardinées, est bien évidemment l'olivier. On trouve dans la région de nombreux producteurs qui réalisent des huiles artisanales, particulièrement fruitées et parfumées...

La majorité des communes du sud-Vaucluse (77 sont adhérentes) sont inclues dans le Parc Naturel Régional du Luberon, qui a été créé en 1977. Il a pour objectif la protection de ce territoire remarquable, par la qualité et la spécificité de ses paysages, milieux naturels et patrimoine bâti (ocres de la Chaussée des Géants à Roussillon)...

Après ces généralités, nous allons commencer la découverte du Petit Luberon depuis l'ouest, au village des Taillades. L'imposante roue à aubes du moulin Saint-Pierre ne passe pas inaperçue : elle est considérée comme la plus grande du département.

C'est la construction du canal de l'Isle à Carpentras, en 1859, qui a permis l'implantation de ce moulin ayant connu diverses utilisations : broyage de la garance, puis usine hydro-électrique, ensuite moulin à farine, enfin salle des fêtes de nos jours...

Nous allons gravir le Petit Luberon par une petite route étroite et en mauvais état, le plus souvent en sens unique, qui va nous élever progressivement jusqu'au secteur du "Trou du Rat", au pied de la Tête des Buisses (619 m).

Le secteur est composé d'une succession de vallons étroits, de combes calcaires très resserrées, de falaises tourmentées ou de crêtes déchiquetées. La végétation est typique du milieu méditerranéen : chênes verts (yeuses), pins d'Alep, érables de Montpellier, genévriers, buis, romarin,...

Plus curieuse par contre, est la présence de cèdres du Liban dans de nombreux secteurs, et notamment sur les hauteurs de la route des Crêtes. Cette forêt de cèdres n'est pas spontanée : elle y a été implantée par l'homme en 1860 à partir de graines prélevées dans l'Atlas.

Depuis, les cèdres n'ont cessé de coloniser les pentes du Luberon pour y occuper une superficie de 250 hectares. Si la dominance des cèdres y appauvrit les espèces ligneuses, elle favorise par contre le développement des champignons et héberge de nombreuses variétés d'oiseaux...

En parvenant sur la crête (qui compte un vaste réseau de chemins de randonnée), la vue est particulièrement dégagée au sud sur la vallée de la Durance. Au-delà de la rivière, se dressent d'autres chaînons montagneux fort semblables au Luberon : les Alpilles, chères à Alphonse Daudet.

Si les versants de ces montagnes sont arides, il en est tout autrement des vastes berges de la Durance qui offrent un paysage agricole fort caractéristique de la région ! Les parcelles cultivées (arbres fruitiers, melons, asperges,...) sont bordées de hautes haies de cyprès très rapprochés afin de faire barrage au terrible mistral qui balaie le couloir rhodanien...

Le Petit Luberon est entaillé par une saignée spectaculaire : les gorges du Régalon ! Ce canyon est particulièrement resserré (seulement 50 cm entre les deux falaises au passage le plus étroit), avec une hauteur dépassant souvent les trente mètres, et abrite une végétation luxuriante.

Classé en "réserve biologique et géologique", le Régalon est le point de départ de plusieurs randonnées originales conduisant sur le massif. Malheureusement, ces gorges sont actuellement inaccessibles (et ce depuis le 3 février 2009) en raison d'un éboulement qui a terminé dans le lit de ce torrent fort intermittent qu'il faut impérativement emprunter lors des balades...

En se dirigeant vers l'est entre Luberon et Durance, on passe au pied des villages de Mérindol (en haut) et de Lauris (en bas). Les vestiges du vieux bourg sur les hauteurs de Mérindol attestent de son passé tragique : en 1545, sa population, surtout vaudoise, fur massacrée et le village rayé de la carte !

Le village de Lauris quant à lui domine la vallée de la Durance et est réputé pour ses asperges. La visite de la localité permet de découvrir son château, son campanile en fer forgé de 1857, ses belles demeures du XVIème siècle...

Nous atteignons maintenant Cadenet, à la limite du Petit et du Grand Luberon, dont l'activité économique (XIXème et XXème siècles) était essentiellement axée sur la vannerie : un musée ethnologique y est consacré.

Le village est dominé par le site du château du XIème siècle (en cours d'aménagement), en partie troglodythique, dont les terrasses offrent de beaux panoramas sur la vallée. Cadenet est également la patrie d'André Estienne, le "tambour d'Arcole", qui permit à l'armée napoléonienne de remporter une victoire historique en Italie...

La découverte se poursuivra dans "Le Luberon (2)"...




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