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Le TARN, par MONTS et par VAUX... (2) :
Le Ségala

Le Ségala

Le Ségala s'étend autour de la rivière du Viaur, à cheval sur les départements du Tarn et de l'Aveyron. Cette zone comprise entre 200 et 500 mètres d'altitude offre un relief très tourmenté, creusé par de nombreuses vallées très encaissées, d'où son surnom de "Pays des 100 vallées".

Il y a un siècle et demi, la plupart des plateaux étaient couverts de landes et de bois en raison de ses sols siliceux rendant la terre pauvre. Les cultures se concentraient dans le fond des vallées, riches en alluvions, ainsi que l'habitat. C'est d'ailleurs de la culture du seigle, moins exigente que celle du blé, que provient le nom de cette région : le Ségala.

Au cours du XXème siècle, les exploitations se multiplient sur le plateau, agrandies et modernisées. Par ailleurs, l'arrivée de la chaux permet d'amender les terres et d'augmenter leur productivité. Ainsi, en l'espace d'un siècle, le Ségala subit une véritable transformation, et de terroir pauvre il devient l'un des plus beaux terroirs agricoles de la France méridionale.

Les plateaux défrichés accueillent des champs de blé très productifs, alors que les forêts descendent vers les bas-fonds ; de nouvelles cultures font leur apparition : maïs, pomme de terre, trèfle, betterave. En parallèle, l'élevage bovin est florissant, et le veau bénéficie notamment du Label Rouge...

Viaduc Viaur

Les raisons de cette métamorphose spectaculaire ? L'arrivée du transport ferroviaire à partir de 1902, rendu possible par la construction du viaduc du Viaur, pont en acier assemblé par rivets, dû à l'architecte Paul Bodin disciple de Gustave Eiffel. Long de 460 mètres, avec une portée de 220 m pour l'arche centrale, pesant 3800 tonnes, son tablier s'élève 116 m au-dessus de la rivière.

C'est donc le train qui désenclave et redynamise cette zone jadis déshéritée, grâce à l'arrivée de la chaux et de nouveaux engrais, arrêtant ainsi un exode de population important entrepris lors de la crise agricole de 1890. La révolution du transport a entraîné une renaissance agricole...

Les Planques

Perdue au milieu de l'immense massif forestier tapissant la vallée du Viaur, dominant un méandre de la rivière qui ne se franchit que par une passerelle en planches, se dresse l'église des Planques. Entourée en 1900 par un gros village dont il ne reste aujourd'hui que des ruines, il faut pour l'atteindre une bonne demi-heure sur un véritable sentier muletier.

Cette chapelle massive, proche d'une forteresse médiévale, a été construite au XIème siècle et remaniée au XVIème. Bâtie en schistes du pays, surmontée d'un solide clocher-donjon, consolidée par de puissants contreforts elle constitue l'un des plus anciens édifices religieux de l'art roman tarnais...

Pampelonne

En remontant sur le plateau, on atteint l'ancienne bastide de Pampelonne (676 habitants). Elle fut baptisée ainsi par son créateur, le sénéchal de Toulouse Beaumarchais, en souvenir de sa prise de Pampelune lors d'une campagne en Navarre espagnole. Sa vaste place centrale, utilisée comme foirail lors des foires, est entièrement couverte d'herbe, renforçant le caractère rural de la localité.

C'est dans un village voisin du plateau, Montirat, qu'est né en 1746 le père d'Honoré de Balzac : Bernard-François Balssa, dans lequel il fut berger avant de devenir notamment adjoint au maire de Tours. Même si l'écrivain n'est jamais venu sur les terres de ses ancêtres, il a repris dans son oeuvre plusieurs noms locaux et diverses péripéties de la vie de son père sur les terres tarnaises...

Café de village

Comme c'est le cas dans de nombreuses contrées de la France rurale, beaucoup de petits commerces ont dû fermer leur porte, à l'image de ce "café" qui a longtemps animé la vie du village. On y venait certes pour boire un petit noir, un canon de rouge, un demi ou un anis, jouer aux cartes, mais aussi pour y rencontrer ses concitoyens et souvent refaire le monde.

Sa salle enfumée a souvent servi à concrétiser de nombreuses transactions lors des foires ou marchés, ou à rythmer la vie des habitants du secteur lors de cérémonis familiales. Que l'on soit paysan, ouvrier, employé, élu, patron artiste,... chacun y avait sa place et, accoudé au zinc, le bistrot rapprochait les gens issus d'horizons sociaux différents...

Gorges du Viaur

Le Viaur, né dans le Parc Naturel des Grands Causses au Puech del Pal à 1090 mètres d'altitude, long de 163 km, délimite les départements du Tarn et de l'Aveyron sur quelques 70 km. Avec ses berges abruptes, il a longtemps servi de frontière naturelle entre Albigeois et Rouergue.

Dans la majorité de sa partie aval, la rivière coule au fond de gorges profondes, d'accès difficile, se glissant au milieu de chaos rocheux, entre des versants couverts essentiellement de chênes et de châtaigniers. Malgré ce terrain accidenté, de nombreux moulins se sont installés le long du cours d'eau (on en compte en moyenne un tous les trois kilomètres) pour moudre le seigle autrefois cultivé dans les environs...

Château de Thuriès

Quelques barrages sont construits sur le Viaur tel celui de Thuriès, implanté au pied de Pampelonne, que l'on devine sur la gauche de la photo. Mais l'occupation de ce site stratégique est beaucoup plus ancienne, et les rochers dominant la retenue portent les ruines du château de Thuriès.

Ce poste de surveillance, construit au XIIème siècle sur un éperon rocheux surplombant une boucle du Viaur, fut pris par les Anglais lors de la guerre de 100 ans. Il ne reste qu'une tour et quelques remparts de ce site médiéval inscrit aux monuments historiques en 1927. Il se trouve sur le circuit de plusieurs sentiers de randonnée parcourant le Ségala, et la panorama qu'il propose mérite le détour...

Pont de Cirou

Quelques kilomètres en aval, au pied du village de Mirandol-Bergnounac, le Viaur peut se franchir au Pont de Cirou, édifié sur l'emplacement d'une ancienne voie romaine reliant Toulouse à Rodez, le "camin roudanès". On retrouve mention de cet ouvrage, le plus ancien du bassin du Viaur, au début du XIIIème siècle. Situé sur un point de passage important, il a fait vivre au cours des siècles (et encore de nos jours) de nombreuses auberges implantées à proximité.

Construit en pierre du pays, constitué de six arches en plein cintre et surélevé au centre, il s'intègre parfaitement dans le site. Sur la rive tarnaise, on note la présence d'une ancienne demeure accolée à une tour à pans de bois et de la chapelle de Dèzes (XVIIème s)...

Monestiès

Dans la vallée du Cérou, quelque peu à l'ouest en limite de plateau, nous voici à Monestiès (1310 habitants), classé parmi les plus beaux villages de France. Cette belle petite cité médiévale constituait au Moyen-Age l'une des places fortes de la région, dévastée par les Routiers au XIVème siècle puis ravagée pendant les guerres de religion !

La chapelle Saint-Sauveur abrite un statuaire exceptionnel du XVème siècle, la Mise au Tombeau, considéré comme l'un des fleurons de l'art religieux médiéval. Dominant la place à couverts de la mairie, l'église gothique Saint-Pierre présente un clocher octogonal original, car flanqué d'une tourelle d'escalier, s'élevant à plus de 20 mètres du sol...

Carmaux : Roucarié

Le lac de la Roucarié, résultant d'une retenue artificielle, alimente en eau la ville voisine de Carmaux. Comme le département du Tarn n'est pas limitrophe d'une mer ou d'un océan, les nombreux lacs artificiels essaimés sur l'ensemble de son territoire constituent des lieux très recherchés en saison chaude.

Il en est ainsi de la Roucarié qui propose dans son superbe cadre champêtre de nombreux aménagements favorisant la pratique d'un grand nombre d'activités : base nautique (voile et canoë), circuits pédestres, parcours de santé, aires de jeux enfantins, baignade (surveillée en été), pêche, aires de pique-nique,...

Carmaux : le charbon

Tout d'abord hameau anonyme des rives du Cérou, ce sont les entrailles de la terre qui vont assurer la prospérité de Carmaux (10 273 habitants) grâce à la présence de charbon. Commercialisée dès 1245 par les propriétaires des sols, l'extraction de la houille est règlementée par Louis XV. Les difficultés liées au transport favorisent l'utilisation du charbon sur place par la création de verreries, forges, fours, briquèteries.

Après le formidable essor des mines au XIXème siècle bénéficiant à toute la région carmausine, une crise irréversible a frappé l'industrie minière dans la deuxième moitié du XXème siècle, et occasionné la fermeture des différents puits.

Cagnac : le musée de la mine

Cette activité charbonnière du Carmausin est retracée dans le village de Cagnac les Mines, où l'ancien puits N°2 de Camp-Grand a été aménagé. Après une descente dans les cages traditionnelles au fond du puits, un parcours reconstitué long de 350 mètres permet de revivre l'exploitation du charbon du XIXème siècle à nos jours.

Tout a été recréé par d'anciens mineurs pour mieux appréhender leur travail pénible et risqué : galeries de creusement, lampisterie, gare souterraine des wagonnets, simulation de coups de grisou, découverte des engins, outils et techniques, reconstitution des ambiances,...

Carmaux : Jean Jaurès

Jean Jaurès est né à Castres en 1859. Agrégé de philosophie, il enseigne au lycée Lapérouse d'Albi puis à la faculté de lettres de Toulouse. Il est élu député du Tarn en 1885. Pendant la grande grève des mineurs de Carmaux, en 1892, Jaurès les soutient par ses articles dans "La Dépêche du Midi", tout comme il se rangera aux côtés des ouvriers du textile (à Castres) et du cuir (à Mazamet et Graulhet).

En 1904 il fonde le journal "l'Humanité" qu'il dirige jusqu'à sa mort : il meurt assassiné le 31 juillet 1914 au Café du Croissant à Paris. Le monument inauguré en 1923 sur la place de Carmaux représente l'orateur au milieu des ouvriers...

La Grande Découverte

Afin d'extraire une quinzaine de millions de tonnes de charbon présent sous l'emplacement des anciennes installations de surface, le chantier de la mine à ciel ouvert de Sainte-Marie débute en 1985. Avant d'accéder à la veine de houille, cent millions de mètres-cubes de terre stérile doivent être déblayés, créant un gigantesque cratère de 1200 mètres de diamètre et 280 mètres de profondeur !

Les engins utilisés sont proportionnels à l'immensité du site : excavateurs à godets qui déblaient 1400 mètres-cubes à l'heure, camions de 108 tonnes, convoyeurs à bande de 10 km de long évacuant 19 000 tonnes à l'heure ! Malheureusement, en 1997 l'extraction de charbon s'arrête, alors qu'en douze ans 85 millions de mètres-cubes ont été récupérés...

Cap découverte

Alors, que faire de cet immense trou béant posé au milieu de nulle part, dans une zone durement affectée : y enterrer des déchets comme certains l'ont proposé ? Un groupe d'élus préfère y créer un parc de loisirs, afin de redynamiser le Carmausin par une activité totalement à l'opposé de la rude tradition minière.

Ainsi, en 2003 naît Cap Découverte : 35 km de sentiers de randonnée ou de pistes VTT, luge sur rail, ski sur piste synthétique avec télésiège, skate-park, karting, plage avec baignade, téleski nautique, aquagliss, parc des titans, maison de la musique... et surtout la plus grande tyrolienne d'Europe (1200 m de portée avec une vitesse de plus de 100 km/h). Malheureusement les débuts sont loin d'atteindre les objectifs prévus, les déficits s'accumulent, et un nouveau gestionnaire reprend la base en 2007...


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 Bastides & Gaillacois

Cordes

Quand on l'aborde par le Causse en parcourant le GR 36 (ce sentier de grande randonnée reliant la Manche à la Méditerranée), sa vue est un véritable enchantement : le village de Cordes apparaît dans toute sa splendeur, maisons médiévales resserrées sur le puech de Mordagne dominant la vallée du Cérou.

C'est en 1222 qu'est créée la bastide de Cordes, la première et la plus importante des "villes nouvelles", par Raymond VII, comte de Toulouse (son nom sera associé à de nombreuses créations de bastides). Son objectif était d'accueillir les populations rudement frappées par la croisade contre les Albigeois et de remettre en valeur ce territoire.

Cordes

Dès sa création, la cité connaît un développement important, grâce au commerce, à l'industrie et à la finance : cuirs et draps, tissage du lin et du chanvre cultivés dans les environs, teintures à base de produits abondants dans la région : pastel et safran.

La bastide primitive déborde rapidement de ses murs, et la construction de nouveaux remparts est indispensable : ce sont ainsi 5 lignes de fortifications successives qui seront construites au XIIIème siècle, la ville atteignant alors plus de 5500 habitants !...

Cordes

Pendant cette période d'intense développement (1280-1350), de somptueux palais gothiques sont construits par de riches marchands ou des familles nobles : maisons du grand fauconnier, du grand veneur, du grand écuyer,... Imposantes façades en grès local, grandes arcades, fenêtres en arc brisé, sculptures en haut relief, anneaux de fer destinés à tendre des velums : la richesse des constructions fait de Cordes un véritable musée médiéval à ciel ouvert.

Malheureusement la cité souffre des guerres de religion et des épidémies de peste ; par ailleurs, le canal du midi détourne Cordes des principaux axes commerciaux. La venue d'artistes et d'artisans d'art pendant la seconde guerre mondiale relance la localité, qui prend en 1993 le nom de Cordes sur Ciel. Le bourg dans son entier (1025 habitants) représente un ensemble architectural absolument remarquable, classé "village de caractère"...

Saint-Martin Laguépie

Nous voici au nord du département, à la confluence du Viaur et de l'Aveyron ; un endroit hautement stratégique autrefois puisqu'au carrefour de l'Albigeois, du Rouergue et du Quercy ! D'où la construction du château de Saint-Martin Laguépie, au XIIème siècle, par le comte de Toulouse.

Château qui subit de plein fouet les nombeuses vicissitudes de l'histoire : incendié et rasé lors de la croisade des Albigeois, à nouveau au coeur du conflit pendant les guerres de 100 ans, cédé aux Anglais en 1360, pillé par les routiers à la fin du XIVème s, rasé en 1562 lors des guerres de religion, pillé par les villageois après la révolution !...

Milhars

Afin de verrouiller l'entrée de la vallée près de la confluence du Cérou et de l'Aveyron, fut construit le château médiéval de Milhars, remanié au XVIIème siècle. Un bourg s'est développé à ses pieds, accroché à un éperon rocheux, et surnommé "le village des murs".

Le vieux village conserve de nombreux témoignages de son riche passé : château et ses écuries, tours, remparts, portes voûtées, terrasses et placettes, pigeonnier,... Dans les environs, une balade s'impose dans la vallée du Bonnan, riche de vestiges historiques et des calcifications de sa cascade de tuf haute de 40 mètres...

Le vignoble de Gaillac

Une grande partie du pays des bastides est inclus dans le périmètre du vignoble de Gaillac. La vigne est apparue dans la région très tôt dans l'antiquité, amenée de Provence par les Phocéens puis par les Romains. Au début de notre ère, le centre potier de Montans fabrique des amphores qui exportent le vin très loin (nord de l'Écosse, sud de l'Espagne).

Le vignoble prend son essor au Xème siècle par la fondation de l'abbaye Saint-Michel puis de la ville de Gaillac. Les moines obtiennent alors des vins de qualité qui sont commercialisés essentiellement par voie d'eau, grâce aux gabarres qui emportent la production sur le Tarn puis la Garonne.

L'aire d'appellation Gaillac couvre 2500 hectares concernant 73 communes pour une production AOC de plus de 165 000 hl. Elle se répartit sur trois secteurs possédant leurs caractéristiques propres :

- les terrasses de la rive gauche du Tarn, à l'altitude modeste, proposent des sols de galets ou de graviers sur lesquels s'épanouissent les cépages rouges ;

- les coteaux de la rive droite du Tarn, où la molasse domine, balayés par le vent d'autan produisent des blancs souples et des rouges charpentés ;

- le plateau cordais, argilo-calcaire, secteur le plus élevé et le plus tardif occasionnant une maturation plus lente, s'oriente plutôt vers les vins blancs.

Gaillac : vins

Les principaux cépages cultivés dans le Gaillacois : l'en de l'el, mauzac, sauvignon (blancs) ; duras, cabernet, syrah, braucol (rouges) ; gamay (primeur) ; mauzac (moelleux).

Les blancs secs aromatiques accompagnent poissons et fruits de mer ; les rouges fruités et puissants s'associent avec viandes et fromages ; le rouge primeur à l'automne est un vin de fête qui s'accorde bien avec salades et charcuteries ; le rosé bien frais s'invite l'été autour d'un barbecue ou d'un pique-nique ; le Gaillac doux s'allie parfaitement avec foie gras ou roquefort ; enfin, le repas se termine sur un mousseux "méthode gaillacoise" servi très frais avec le dessert...

Grésigne

La forêt domaniale de la Grésigne, avec une superficie de 3527 ha, représente la plus grande chênaie du sud de la France. Elle recouvre un dôme de grès rouge (d'où son nom) datant de l'ère primaire, qui s'est creusé en cuvette étagée entre 300 m et 500 m d'altitude.

Très convoitée et objet de rivalités entre seigneurs locaux, elle fut rattachée au domaine royal à la fin du XIIIème siècle. Elle a fourni des mâts à la marine royale, a accueilli des verriers et des charbonniers. Afin d'éviter une trop forte déforestation, Colbert en fit ceinturer une partie par un mur en pierre de 1,50 m de haut, long de 20 km et baptisé "mur de Louis XIV"...

Grésigne

Parcourue par un réseau de pistes forestières le plus souvent interdites à la circulation, elle constitue un véritable "poumon vert" pour les citadins du triangle Toulouse - Montauban - Albi. C'est l'une des quatre forêts françaises de plaine les plus importantes pour leur richesse en variété d'insectes.

Cela lui vaut d'être classée zone naturelle d'intérêt écologique, et d'appartenir au réseau Natura 2000. Ses futaies composées à 75 % de chênes (rouvres et pédonculés) abritent quelques 600 cerfs et 400 chevreuils.

Sivens : charbonnières

A quelques kilomètres au sud de la Grésigne, la forêt de Sivens (630 ha) est la propriété du Conseil Général du Tarn après avoir appartenu aux Houillères du Midi qui y prélevaient le bois destiné à étayer les galeries de mines de Carmaux. La Maison de Sivens joue un rôle informatif et éducatif important en direction du grand public.

Jusqu'à la première moitié du XXème siècle, le charbon de bois était très utilisé tant au niveau domestique qu'industriel. Dans la forêt même, les charbonniers empilaient des rondins autour d'une cheminée centrale et les recouvraient de terre fine et de mottes d'herbe. La cuisson sous surveillance constante durait une bonne semaine, un stère de bois (600 kg) produisant 100 kg de charbon...

Vaour

Au nord-est de la Grésigne, le village de Vaour abrite les ruines d'une ancienne commanderie des Templiers ainsi que le plus grand dolmen tarnais. Situé sur un causse calcaire, le secteur compte une trentaine de domens, alors que les menhirs se concentrent plutôt sur les Monts de Lacaune au sud-est.

La construction du dolmen de Peyrelade remonte à 5000 ans (fin du néolithique) ; cette chambre funéraire était à l'origine recouverte de terre et de pierres formant un tumulus. La dalle supérieure, brisée en deux éléments, pèse plus de 15 tonnes ; les montants latéraux délimitent un caveau de 1,20 m sur 3,50 m.

Causse du Quercy

Cette zone s'étendant au nord de la Grésigne appartient en fait à la partie la plus méridionale du Causse du Quercy. Entaillé par les gorges de l'Aveyron, ce plateau calcaire est recouvert de chênes pubescents, de landes à genévriers et à buis, ainsi que de pelouses sèches constellées d'orchidées sauvages.

Autrefois parfaitement entretenu par une tradition agro-pastorale intensive, les pâturages ont repris un aspect plus sauvage en raison de la diminution du nombre de troupeaux. Même si certaines fermes caussenardes sont encore actives, à certains endroits ne subsistent plus que les anciennes drailles limitées par des murets de pierres sèches et les ruines de bergeries...

Penne

C'est sur un curieux éperon rocheux du Causse, dominant l'Aveyron, qu'a été construit vers 560 le château de Penne à la demande de Frédégonde, épouse du roi de Neustrie Chilpéric 1er. Plus tard, devenu refuge de cathares, il résista héroïquement à Simon de Monfort !

Pendant la guerre de cent ans il tomba sous la coupe des Anglais, puis fut démantelé par les Protestants en 1586. Ses pierres servirent alors à construire les habitations du village se développant à ses pieds. Actuellement en cours de restauration, ce site où roche et ruines se confondent, constitue un ensemble particulièrement insolite, appartenant aux "villages de caractère"...

Penne : pigeonniers

Présents sur l'ensemble du territoire, ils sont toutefois plus nombreux dans le Midi, et notamment dans le Tarn où l'on en dénombre plus de 1700, sans compter ceux qui sont intégrés aux greniers. Ces pigeonniers ont été construits non seulement pour améliorer l'ordinaire avec la viande du pigeon mais surtout pour pouvoir disposer de "colombine", cette fiente du volatile utilisée comme un très efficace engrais.

Ces constructions sont très diversifiées, et il en existe plusieurs types liés souvent au territoire. Certains, rectangulaires, sont entièrement maçonnés, d'autres reposent sur des piliers ou sur des arcades, ou sont constitués d'une tour circulaire. Leur toiture est aussi très variable, comportant de un à quatre pans, et parfois surmontée d'un clocheton...

Gorges de l'Aveyron

Le village de Penne est situé au coeur des basses gorges de l'Aveyron, qui sont comprises entre les deux magnifiques villages tarn et garonnais que sont Bruniquel et Saint-Antonin Noble Val. La rivière, qui ne coule que sur une dizaine de kilomètres dans notre département, y a profondément entaillé le sud du causse du Quercy.

Hautes souvent de plus de 200m, les falaises calcaires qui enserrent le cours d'eau servent de refuge à plusieurs espèces de rapaces. De nombreuses grottes ou gouffres ont profondément entaillé cette zone karstique ; certaines rivières souterraines qui les parcourent ont été captées pour alimenter les réseaux d'eau potable du secteur...

Larroque

En continuant à tourner autour de la Grésigne, nous arrivons au charmant village de Larroque (164 habitants), situé à son sud-est. Cette charmante petite localité, abritant de nombreuses maisons à encorbellements et pans de bois resserrées autour de l'église, se blottit au pied d'une magnifique falaise ocrée.

Cette barre rocheuse servant de rebord au causse du Quercy, percée de nombreuses cavités peu profondes précédées d'une terrasse, a été occupée dès le néolithique ; ces grottes ont également servi de refuge aux populations locales lors de périodes troublées du XVIIème siècle...

Puycelsi

En remontant sur quelques petits kilomètres la cours de la Vère, cette petite rivière tranquille pouvant devenir parfois fort capricieuse, nous voici au pied du village de Puycelsi (495 habitants). Il occupe le sommet d'un piton rocheux pyramidal surplombant la vallée d'une centaine de mètres, une situation stratégique que les Celtes ont repérée très tôt.

Après le démantèlement des remparts ordonné par le traité de Meaux en 1229, les habitants se sont empressés de reconstruire une nouvelle enceinte plus vaste et mieux défendue ! Cette nouvelle fortification résista aux assauts des Anglais. Il en reste actuellement de belles murailles, deux grosses portes et quelques tours de guet, ceinturant une agréable cité riche de demeures médiévales. Ce qui lui permet d'appartenir aux "plus beaux villages de France"...

Verger conservatoire

Le conseil général du Tarn, conscient que les variétés fruitières d’antan constituent un patrimoine biologique à protéger et une diversité génétique à valoriser, a créé en 1986 à Puycelsi le conservatoire d'espèces fruitières et de vignes anciennes.

Situé au pied de la bastide de Puycelsi et à la lisière de la forêt domaniale de la Grésigne, le conservatoire abrite sur 6 hectares 850 variétés de pêchers (55 variétés), cerisiers (33 v), pruniers (22 v), poiriers (75 v), pommiers (477 v) et 110 cépages de vignes (550 ceps plantés)...

Castelnau de Montmiral

Castelnau de Montmiral (895 habitants) a été fondé en 1222 par Raymond VII, Comte de Toulouse, simultanément à la bastide de Cordes. Fièrement juché sur son éperon rocheux, le village est un véritable poste d'observation qui connaît au Moyen-Age un essor remarquable et voit s'édifier un château seigneurial doublé d'une imprenable forteresse.

On pénètre dans la bastide par la porte des Garrics, représentative de l'architecture militaire du XIIIème siècle, pour remonter la rue des chiffonniers, dans laquelle maisons de pierre ou à colombages se côtoient harmonieusement. On atteint ainsi la place centrale, bordée de couverts authentiques où alternent arcades en ogive et piliers de bois ! Ce bourg perché est considéré avec juste raison comme l'un des "plus beaux villages de France"...

Mauriac

Plus de 600 châteaux ont été recensés dans le département du Tarn, dont une centaine en ruines : catharisme, guerres de 100 ans et de religion, révolution sont les principales causes de leur ravage. On ne rencontre pas dans leur construction de style particulier qui soit propre à la région. Chacune de ces demeures est donc singulière, constituant un ensemble fort composite, et de taille modeste.

Beaucoup étaient fortifiés à l'origine, puis leurs lignes se sont radoucies au gré de leurs restaurations successives. Tel le château de Mauriac (photo), situé au milieu du vignoble gaillacois, qui est d'origine templière (architecture militaire du XIVème s). Sa cour intérieure renaissance, égayée par huit fenêtres à meneau, lui vaut d'être classé parmi les 50 plus belles demeures de France...

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