fond-0

 
 

   Gorges du Verdon (Alpes de Haute-Provence) :

en remontant la rive droite...

 

 (1 : de Moustiers à l'Escalès)

Qui, en France (et au-delà), ne connaît pas les spectaculaires Gorges du Verdon ?...

Nous allons commencer le trajet par la partie inférieure de la rive droite, au départ de Moustiers Sainte-Marie, ce village célèbre pour ses faïences, bâti en amphithéâtre au pied d'une spectaculaire crevasse, et dont nous arpenterons ultérieurement les ruelles...

Par quelques lacets, la route s'èlève régulièrement pour se positionner en balcon au-dessus de la rivière. Étroite, slalomant entre les blocs rocheux, il ne faut pas rater les quelques espaces où l'on peut stationner et synonymes de belvédères proches... 

Le premier est celui du Galetas, qui offre un magnifique panorama sur le lac artificiel de Sainte-Croix (10 km de long, 2200 hectares), construit en 1974 juste au débouché des gorges. Admirez la magnifique couleur bleutée de ses eaux...

... qui tranche vraiment avec la coloration grisâtre du Verdon !... Nous sommes mi-juin 2008, et c'est la première belle journée ensoleillée après une succession d'épisodes pluvieux ! Le Verdon charrie des eaux chargées en boues, et le contraste de couleur est saisissant ! On devine, en face, le tracé de la route du retour, mais nous n'en sommes pas encore là...

Nous arrivons au belvédère de Mayreste, du nom d'un ancien château ruiné, que l'on rejoint après un quart d'heure de marche au milieu des buis sur des dalles souvent glissantes. Vers l'aval, se dessine l'entaille terminale des gorges dominée par des falaises ocrées...

Vers l'amont, le canyon se resserre et le Verdon se fraie un passage au milieu de hautes falaises rapprochées. Le contre-jour permet d'admirer le lent travail de l'érosion : parois verticales, succession de barres rocheuses émergeant de la garrigue, gros blocs éboulés,...

 

Au pied du pierrier de Saint-Maurin, la rivière devient moins visible, mais l'on peut admirer la beauté sauvage de cette gigantesque entaille que les eaux en furie ont patiemment creusée. Si le débit au quaternaire était de 1000 m³/s, il n'est plus que de quelques dizaines de m³/s actuellement (en raison des aménagements hydroélectriques réalisés en amont)...

Parvenus au col de l'Ayen (1031 m), alors que la route s'éloigne quelque peu de la gorge, la vue s'ouvre sur un large plateau d'altitude occupé par l'un des villages typiques et incontournables du Verdon : La Palud...

Le village de La Palud sur Verdon (303 habitants) est implanté au pied de la Crête de Montdenier et du Mourre de Chanier (1930 m). Ses environs immédiats gardent la trace de son passé agricole : pastoralisme, cultures en terrasses (restanques), exploitation forestière (charbonniers)...

Dépendant au Xème siècle de la Seigneurie du village voisin de Châteauneuf, c'est autour de l'église Notre Dame de Palude que s'installe la population au cours du Moyen-Age. A l'ouest, le château de la fin du XVIème siècle a été depuis remanié et agrandi...

Ce château accueille actuellement la Maison des Gorges du Verdon, entièrement dédiée à la présentation et à la protection du milieu naturel environnant : musée, expositions, mises en scène originales, documentation, randonnées,...

La géologie de la région est bien évidemment mise en avant, au regard des bouleversements qu'elle a traversés : d'abord occupée par la mer, elle s'est plissée lors de la formation des Alpes puis entaillée par le Verdon qui s'est glissé dans les failles...

C'est à 1 km environ après avoir traversé La Palud sur Verdon que l'on quitte l'axe principal pour emprunter la Route des Crêtes. Longue de 23 km (dont 15 en sens unique), elle propose une quinzaine de belvédères offrant des panoramas étourdissants sur les Gorges...

Le premier, le belvédère de l'Escalès, donne le ton ! Vers le nord, la profonde et resserrée entaille du Verdon scinde le plateau calcaire, alors que les eaux de la rivière sont masquées par le relief. Nous sommes au verso du paysage que nous découvrirons depuis le Point Sublime...

Accroché à la montagne, au pied de son piton rocheux caractéristique qui supporte les ruines de son château médiéval, voici le petit village de Rougon. Positionné en nid d'aigle dans l'axe des Gorges, il est fréquemment survolé par les vautours réintroduits en 1999 dans le secteur...

Face à nous, à contre-jour, l'impressionnante falaise du Rocher du Duc (949 m) domine de plus de 340 mètres le Couloir Samson, ainsi baptisé parce qu'avec beaucoup d'imagination on peut y apercevoir, sculptée dans le roc, la statue du géant repoussant les montagnes...

Enfin, si l'on se tourne vers l'aval (en direction du sud donc), la vallée s'élargit quelque peu, même si en permanence le regard vient buter sur de majestueuses falaises teintées de jolies couleurs ocrées...

La route déploie ses lacets dans la garrigue, et revient régulièrement flirter avec le vide. Elle gagne progressivement de la hauteur, et les falaises deviennent plus vertigineuses, aux abords des belvédères de Carelle ou de la Dent d'Aire...

(2 : route des Crêtes et Point Sublime)

Après une longue période pluvieuse, le Verdon a abandonné sa couleur traditionnelle à l'origine de son nom, pour une teinte plus grisâtre. Le cours d'eau serpente tout en bas du canyon, au milieu de la forêt, avec encore un débit important malgré la proximité de l'été...

La configuration et l'emplacement des Gorges ont généré plusieurs phénomènes originaux : une inversion des étages de végétation (on trouve en bas des espèces végétales d'altitude et inversement), ainsi qu'un brassage d'influences climatiques méditerranéenne et alpine...

A l'opposé du Verdon, le panorama se déploie sur le village de La Palud que nous venons de quitter et ses proches environs. De nombreuses restanques (terrasses retenues par des murs de pierres sèches) autrefois cultivées ont été reconquises par la forêt...

Les montagnes entourant la rivière offrent un relief particulièrement torturé. Il est la résultante du plissement intervenu au cours de l'ère tertiaire (formation des Alpes), accentué par le travail d'érosion du Verdon qui a élargi les failles originelles...

Quand on accède à ces belvédères de la Route des Crêtes, il est très rare de ne pas y rencontrer de grimpeurs ! En effet, les grandes falaises délimitant les Gorges du Verdon constituent un site incontournable pour les amateurs d'escalade...

Plus de 900 voies y sont répertoriées, avec notamment la falaise de l'Escalès, haute de 300 mètres, et rigoureusement verticale. Les grimpeurs, venus du monde entier, descendent le plus souvent en rappel depuis la route avant de remonter ensuite en escaladant...

La Route des Crêtes franchit un col à 1320 mètres d'altitude (soit 720 m au-dessus du lit du Verdon) pour redescendre après avoir franchi 2 tunnels par une série de lacets vertigineux. Nous nous trouvons alors dans la partie de la route à sens unique, fermée en hiver...

Les nouveaux belvédères de la Gorge de Guègues ou des Glacières offrent un spectaculaire panorama sur la rive gauche du Verdon, et dévoilent la route qui sera empruntée pour le chemin du retour. On aperçoit au centre de la photo le canyon de l'Artuby qui vient se jeter dans le Verdon au lieu-dit "la Mescla" (= le mélange des eaux)...

Plus à l'ouest, et toujours sur la rive d'en face, la route entaille la falaise des Cavaliers et la franchit grâce aux tunnels du Fayet, dont on devine la dizaine d'ouvertures taillées dans la roche...

Une autre vue de la confluence entre le Verdon et son affluent l'Artuby qui a creusé lui-aussi ses propres gorges, très semblables à celles de son "grand-frère"...

Dans ce paysage aride et désertique, les ruines d'une ancienne ferme : il fallait avoir envie de vivre là !... Ce recoin caractéristique me fait penser systématiquement au film "Les Spécialistes", avec Bernard Giraudeau et Gérard Lanvin, qui a été en partie tourné dans le secteur...

Tout au long du parcours, il n'est pas rare de croiser de petits troupeaux de chèvres qui colonisent ces falaises et leurs alentours escarpés. Il ne faut pas oublier que nous sommes au coeur même du pays de la lavande et du fromage de chèvre...

Au cours de la descente, la route passe auprès du mytique refuge de la Maline, géré par le Club Alpin Français, d'où part notamment le célèbre sentier Martel qui parcourt au fond des Gorges toute la partie que nous venons de découvrir. Le Verdon quant à lui disparaît sous des rochers pendant 400 mètres au niveau du belvédère de l'Imbut...

C'est là que la Route des Crêtes va abandonner les abords immédiats du Verdon, et rejoindre par le ravin de Mainmorte le village de La Palud sur Verdon...

Pour rejoindre le point Sublime, la route traverse le vallon du Baou au coeur d'un superbe paysage sauvage. Les roches des parois calcaires conservent la trace des pressions et des contorsions qu'elles ont subies depuis l'ère secondaire...

Du belvédère supérieur du Point Sublime, le panorama est... sublime !!! A gauche, l'imposante paroi du Duc, à droite les falaises de l'Escalès et entre les deux le couloir Samson dans lequel s'engouffre le Verdon...

Sur la rive droite de la rivière, on aperçoit le début du sentier Martel, du nom du premier explorateur des Gorges, qui ressort au niveau du refuge de La Maline. Très parcouru (il y a foule en été), il parcourt le fond du canyon, traverse des tunnels creusés à mains d'hommes, franchit des brèches aériennes...

Si vous passez dans le secteur, faites un détour par les... toilettes de l'Auberge du Point Sublime ! Pour voir la collection d'amonites qui ornent les murs... Car à l'ère secondaire, cette région se trouvait sous un océan, et des sédiments emprisonnant les restes d'êtres vivants se sont accumulés au fond... Attention : le Verdon étant une réserve naturelle, il est interdit d'y prélever des minéraux !...




Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement