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Dans la vallée du Vicdessos

1 : Montréal de Sos

Les ruines du château de Montréal de Sos se dressent sur une butte rocheuse escarpée de la commune d'Auzat, dans la vallée du Vicdessos. Cette vallée s'amorce au niveau de Tarascon sur Ariège et est perpendiculaire à la N 20 qui file vers l'Andorre, sur la rive gauche de l'Ariège.

Construit sur un ancien oppidum, on retrouve trace de ce fort au XIIème siècle.

 Les ruines du château de Montréal de Sos se dressent sur une butte rocheuse escarpée de la commune d'Auzat, dans la vallée du Vicdessos. Cette vallée s'amorce au niveau de Tarascon sur Ariège et est perpendiculaire à la N 20 qui file vers l'Andorre, sur la rive gauche de l'Ariège.

Construit sur un ancien oppidum, on retrouve trace de ce fort au XIIème siècle.

 

Détruit volontairement, il repose sous des tonnes de gravats desquels des fouilles récentes le font émerger. Situé sur un rocher percé de nombreuses grottes qui rajoutent au mystère, ce site mérite incontestablement un détour !

Que nous allons effectuer... En route !...

Au niveau du village de Vicdessos, une petite route en lacets conduit au hameau d'Olbier, dominé par la falaise calcaire qui supporte les ruines. Au pied de la masse rocheuse, on devine les murets plus ou moins bien conservés qui servaient à soutenir les terrasses autrefois cultivées.

Alternant entre le versant sud d'où l'on est parti et le nord qui domine l'ensemble de la vallée de Vicdessos, un sentier bien marqué et à la pente soutenue permet en une quinzaine de minutes de franchir les 90 m de dénivellation afin d'atteindre la plateforme sommitale. En face, perché à mi pente, le petit village d'Orus profite des rayons du soleil matinal, alors que la vallée dans l'ombre est encore prise par la gelée blanche.

Le premier élément significatif que l'on rencontre est constitué par ce mur surplombant le vide qui a servi de photo-support au jeu de l'hiver. Il s'agit de la tour est qui protégeait l'entrée dans la fortification. Sur le côté, on devine le départ du mur d'enceinte qui entourait totalement le sommet.

Cette entrée permettait d'accèder au village, alors que le château était implanté plus haut, à l'autre extrémité de l'éperon rocheux. Ce pan de tour semble défier le Pic de Risoul (1 373 m) qui lui fait face...

Jusqu'en 2001, le château (pourtant connu par les chartes médiévales des Comtes de Foix) était invisible : les murailles étaient entièrement recouvertes de gravats et d'herbe. Depuis, un chantier de fouille y est organisé chaque été avec restauration des murs.

En raison de cet emplacement escarpé, les déblais sont évacués à dos de mulet et servent à reconstruire le chemin d'accès et ses murets en pierre sèche.

En contre-bas, plusieurs encoches réalisées dans la roche arasée indiquent la présence de constructions en structures de bois : il existait donc un habitat au pied du bâtiment seigneurial.

L'ouvrage était de très grande taille, construit selon le plan classique des forteresses de l'époque : donjon, murs d'enceinte, tours, bâtimets annexes. Ce château a été mentionné pour la première fois au XIIème siècle, et dépendait des Comtes de Foix pour lesquels elle constituait un lieu de pouvoir, symbole de leur puissance montante.

Il avait pour principale fonction de contrôler la haute vallée du Vicdessos, s'insérant dans un dispositif stratégique global de défense de la haute Ariège. Son approche difficile ne nécessitait que la présence d'une petite garnison. Et comme la plupart des châteaux il n'a jamais été attaqué ou assiégé.

A l'extrémité de la plateforme, à la limite ouest de la forteresse, subsiste un pan de la tour du Barri, pendant de celle qui (à l'opposé) permettait d'accéder à l'intérieur des fortifications. Elle domine le bassin d'Auzat, village situé à ses pieds.

Le rez de chaussée de cette tour était voûté, et servait de citerne. L'étanchéité du réservoir était assurée par la superposition de 3 ou 4 couches de mortier, constitué de chaux mélangée à de la brique finement pilée.

Une table d'orientation a récemment été installée à proximité...

En effet, le site surélevé du château offre un panorama à 360° sur les montagnes et vallées qui l'entourent.

Au sud-ouest tout d'abord, barrant le fond de la vallée du Vicdessos, le massif du Montcalm (3 077 m) expose au soleil sa masse imposante et ses flancs escarpés. Derrière, c'est l'Espagne...

Au nord-ouest, les altitudes sont moindre : dominés par le Roc Nègre (1 938 m), le Port (col) de Saleix (1 794 m) et celui de Lers (1 517 m) permettent de rejoindre la vallée ariégeoise voisine du Couserans. A leur pied, le village d'Auzat, dont on devine le vieux quartier en haut.

En revenant sur nos pas pour quitter le site, nous apercevons à contre-jour, au sud-est, la petite station familale (stade de neige) du Goulier dominée par la Pique d'Endron (2 472 m).

Au pied de la falaise, le hameau d'Olbier, qui ne compte qu'une quinzaine d'habitants permanent, est l'héritier des habitats médiévaux (et même antérieurs...) qu'abritait la forteresse.

Les fouilles ont permis d'y mettre au jour quelques 25 000 objets ou fragments divers datant de l'âge du Bronze au XVème siècle : tessons de céramiques, éléments métalliques, ardoises gravées, ossements,...

La falaise calcaire qui supporte le château est percée de multiples grottes, dont certaines la traversent de part en part. Des passages étroits et particulièrement aériens permettent d'y accéder et de les parcourir.

L'une d'entre elles (protégée par des grilles) abrite une peinture qui garde tous ses mystères, n'étant pas datable avec certitude.

Certains chercheurs y voient une relation avec le catharisme (mais Montréal de Sos n'a eu aucun lien avec l'hérésie), d'autres l'attribuent à un berger...

C'est en prenant un peu de recul que l'on découvre le mieux les caractéristiques du site.

Dominées par le Cap de Fum (2 463 m), on devine les ruines sur l'éperon rocheux en forme de trapèze, au centre, et sa situation en surplomb par rapport à la vallée (photo prise depuis le dolmen de Sem).

Sur la photo suivante prise depuis le village d'Auzat, on aperçoit la tour du Barri couronnant le flanc occidental de l'arête rocheuse.

La forteresse a été progressivement abandonnée au XIVème siècle, car seuls les châteaux proches des plus grands bourgs sont encore entretenus. Par contre, l'habitat paysan qu'elle abritait a perduré...

 




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