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Vallées d'Arce et d'Aezkoa

Saint-Jean Pied de Port :

Nous allons démarrer cette boucle en Navarre espagnole par Saint-Jean Pied de Port qui occupe une place de choix sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Dominée par la citadelle remaniée par Vauban, la ville et ses vieilles maisons en grès rose sont traversées par la Nive où débouche la rue très pentue de la Citadelle devenue le rendez-vous incontournable des pèlerins...

Arnéguy :

Laissant à l'ouest le vignoble d'Irouléguy, le route vers l'Espagne suit le fond d'une étroite vallée conduisant au dernier village frontière d'Arnéguy, très connu pour ses "ventas" implantées sur l'autre rive du torrent. C'est la Nive qui sert de frontière, et la route espagnole va la surplomber sur une dizaine de kilomètres...

Col d'Ibaneta :

Le brouillard enveloppant le Port d'Ibaneta (1057 m d'altitude) donne une image fantomatique de la petite chapelle qui y est érigée, entourée de croix rudimentaires déposées par les pèlerins. Quant à l'épée reproduisant celle de Roland (Durandal), il y a longtemps qu'elle a été descellée du rocher monument dressé en son honneur...

Orreaga - Roncesvalles (Roncevaux) :

Car c'est dans ce défilé en effet que fut attaquée par les vascons l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne refoulée de Sarragosse (778) ! Lieu de franchissement naturel des Pyrénées depuis des temps reculés, c'est ici que s'est installé un centre d'accueil pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques. Depuis, c'est d'ici, point de départ du "camino francés" (chemin français) que s'élancent beaucoup de marcheurs : ils sont à 745 km du but...

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Dès le XIIème siècle, sont construits sur le site de Roncevaux à destination des pèlerins : un hôpital monastère (maintes fois agrandi pour répondre à la demande tout au long du moyen-âge), une église collégiale, une auberge hôtel.

Le plus ancien bâtiment actuel du site est la chapelle du Saint-Esprit (ou Silo de Charlemagne), de plan carré, où l'on enterrait jadis les pèlerins morts à l'hôpital...

Auritz-Burguete :

A trois kilomètres au sud, les pèlerins doivent emprunter la rue principale du village de Burguete (309 habitants), bordée de magnifiques demeures en pierre du XVIIème s. au toit fortement incliné. De l'eau s'écoule en permanence dans les nombreux canivaux de la bourgade car cette région est très arrosée, ou enneigée en hiver.

Barrage de Itoiz :

Alors que les pèlerins vont bifurquer tout ouest, nous continuons vers le sud en suivant la vallée du rio Urrobi à la découverte du récent barrage de Itoiz, dont la construction a été très controversée par les populations locales !

La réalisation de cette retenue devant noyer plusieurs villages et zones naturelles protégées, dans un secteur aux risques sismiques importants, les opposants se fédérèrent dès 1985 et retardèrent considérablement les travaux...

Une digue de 525 m de long et de 122 m de haut provoque une retenue de 1100 hectares. De nombreux aménagements ont accompagné la création de ce nouveau lac, le plus imposant de Navarre, et semblent parfois quelque peu irréels pour l'instant dans cette zone isolée ! Ces nouvelles installations contrastent effectivement avec la vétusté du rare habitat traditionnel de la vallée...

Oroz-Betelu :

Retour vers les Pyrénées au nord en empruntant les rives du deuxième torrent venant alimenter le barrage, celles du rio Irati. Oroz-Betelu (179 habitants) occupe un élargissement de la vallée qui a conservé ici un caractère sauvage. Autrefois en aval, avant la mise en eau du barrage, de rustiques ponts suspendus permettaient de franchir la rivière pour accéder à quelque maigre lopin de terre cultivable...

Garralda :

Nous pénétrons maintenant dans la vallée d'Aezkoa, où va se dérouler le reste du périple à venir, et son village le plus occidental : Garralda (220 habitants - 848 m d'altitude). Ayant subi de nombreux incendies au XIXème siècle, dont le dernier en 1898 qui détruisit la majorité du village, il présente un aspect plus récent et plus aéré que les autres localités de la contrée...

Mirador d'Arrigorri :

A la sortie de Garralda vers l'est, un belvédère a été aménagé sur une barre rocheuse se dressant en rebord de plateau. Il propose une vue de la vallée d'Irati très boisée et très resserrée vers le sud (en direction du barrage d'Itoiz donc). Au nord, le panorama vient buter sur les sommets pyrénéens, alors que se déploie à nos pieds la suite du circuit...

Aribe :

Constituant le centre géographique et administratif d'Aezkoa dont il est le point le plus bas, Aribe (62 habitants - 701 m) est une ancienne station thermale du début du XXème siècle. L'église de San Joaquin, détruite par la guerre en 1794, a été reconstruite 3 ans plus tard et fit l'objet de pèlerinages jusque dans les années 60. Un joli pont médiéval, qui a résisté aux crues et aux conflits, désenclava la vallée...

Garaioa :

Un petit aller-retour vers l'est nous amène à Garaioa (127 habitants), lui aussi détruit par la guerre de la Convention qui ne laissa qu'une seule maison debout ! L'église romane de San Andres date du XIIIème s. Avant d'atteindre le bourg, au fond d'un vallon, une curieuse dalle naturelle se détache du versant et émerge au-dessus des arbres...

Si l'on continue vers l'est, on atteint la vallée du Salazar et le village d'Ochagavia (voir la rubrique correspondante). Pour le circuit en cours, nous allons revenir sur Aribe, puis cap au nord !...

Orbara :

La route et les villages étant concentrés sur la rive droite de la rivière, dans cette vallée très boisée et souvent encaissée quelques ponts suspendus rudimentaires ont été lancés sur le rio Irati pour se rendre sur la berge opposée.

Édifiés dans la première moitié du XXème siècle avec tiges métalliques et planches, supportés par des piliers en béton, leur franchissement est parfois acrobatique ! Il en existait de semblables en aval d'Oroz-Betelu, mais ils ont été noyés par le barrage...

Orbaizeta :

Village le plus septentrional de la vallée (239 habitants - 765 m), il est aussi le dernier bourg avant la frontière franco-espagnole de la zone.Village de montagne, ses maisons se resserrent autour de son église gothique du XVIème s. construite en pierre.

Cette localité a conservé une tradition de pastoralisme importante, la commune bénéficiant de vastes pâturages d'altitude, qui favorise la production de fromage de brebis réputé...

Les horreos :

La vallée d'Aezkoa conserve 15 des 22 horreos qui restent en Navarre. Le nom provient du latin "horreum" signifiant magasin. Déclarés d'intérêt culturel en 1993, beaucoup d'entre eux ont été restaurés. Leur principale fonction est de mettre le grain hors de portée des rongeurs et de l'humidité.

Ces greniers sur pilotis mesurent environ 4 m sur 5 m, sont supportés par 6 à 8 colonnes, avec un toit à double pente très incliné ; l'étage est accessible par un escalier en pierre séparé de la construction principale. Dépourvue de fenêtre, une seule porte permet de pénétrer dans la pièce unique compartimentée en casiers pour séparer les différentes récoltes...

La Forêt d'Irati :

Cette plus vaste forêt européenne de hêtres s'étend à cheval sur la France et l'Espagne, la majeure partie étant située sur le versant espagnol (14 820 hectares pour 2 320 ha). L'accès difficile au coeur de la hêtraie est à l'origine de sa bonne préservation. Par ailleurs, la pluviosité importante favorise le développement des hêtres.

D'abord propriété des habitants de la vallée, la Forêt d'Irati fut réquisitionnée par le Roi en 1784 pour alimenter la fabrique d'armes que le pouvoir central a implantée à proximité. Ce n'est que 2 siècles plus tard, après maintes réclamations réitérées, que les "aezkoans" en ont à nouveau récupéré la gestion...

Lac d'Irabia :

Situé en plein coeur de la forêt entre les vallées d'Aezkoa (en sa limite orientale) et de Salazar, uniquement accessible par pistes ou étroites routes sinueuses, une retenue (construite en 1921) barre le cours du rio Irati, né de la confluence de deux torrents : l'Urtxuria et l'Urbeltza.

Un réseau important de sentiers de randonnée permet d'effectuer le tour du lac (11 km) ou de parcourir la forêt, avec la possibilité de rejoindre le secteur français près des cromlechs d'Okabé.

Fabrica de Armas d'Orbaizeta :

Dès le XVème s., une forge fondait les métaux extraits dans le secteur ; en 1784, un décret royal la transforma en usine d'armement produisant essentiellement des canons. Le bois abondant de la forêt d'Irati fournit le combustible, et l'eau des torrents l'énergie nécessaire.

Le site subit un aménagement complet : palais, fours, chute d'eau, magasin, église, caserne ! L'usine fut abandonnée en 1884. Aujourd'hui, il ne subsiste que des ruines envahies par la végétation, et l'église transformée en hangar et étable...

Les pâturages :

Autrefois, les troupeaux des Bardenas, sud de la Navarre, montaient l'été en transhumance sur les estives d'Aezkoa. Actuellement, ce sont essentiellement les brebis, vaches ou chevaux des environs qui profitent de ces herbages d'altitude.

Les barres rocheuses calcaires qui les dominent (1419 m) portent des vestiges de construction : la tour d'Urkulu (3 m de haut pour 19,5 m de diamètre). On suppose qu'il s'agit d'une tour érigée en guise de trophée pour commémorer une victoire des armées romaines (entre 74 et 26 avant J.C.)...

Les cromlechs d'Azpégi :

L'ensemble de ces estives est riche de monuments mégalithiques : tumulus, dolmens, cromlechs. Ces hauteurs pyrénéennes furent en effet occupées par des bergers il y a environ 10 000 ans, une présence qui fut renforcée également par la présence de nombreux minerais (fer, plomb, argent,...).

La zone compte une quarantaine de cromlechs et cinq dolmens ayant servi de monuments funéraires ou de fosses d'incinération. Le brouillard qui recouvre les crêtes en cette fin d'après-midi automnale renforce le caractère énigmatique de ces mégalithes...

Estérençuby :

Il est temps maintenant de basculer à nouveau vers le versant français. Première surprise, une route goudronnée (certes très étroite et fort sinueuse) existe, alors que la carte routière pourtant récente ne mentionnait qu'un chemin de terre. C'est au niveau de la borne frontière 212, isolée au milieu des pâturages, que s'effectue le changement de pays...

Comme c'est souvent le cas dans les montagnes basques, le relief est très tourmenté : de profondes et étroites vallées entaillent le paysage, de fortes pentes escaladent les montagnes couvertes de fougères, de prairies ou de bois.

Le retour vers Saint-Jean Pied de Port s'effectue par la vallée de la Nive et le village d'Estérençuby qui s'étire le long du torrent. Constituée à l'origine de bordes (fermes) isolées et dispersées, rattachées à l'une des 8 municipalités alentours, la commune fut constituée en 1842...



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