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Lastours, Cathares "puissance 4"... (Aude)

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Le cadre :

Nous nous trouvons dans l'Aude, au village de Lastours, au coeur de la région du Cabardès, sur le versant sud de la Montagne Noire.

Les quatre bâtisses en ruine de Lastours alignent leurs silhouettes déchiquetées au sommet d'une arête rocheuse dominant le bourg actuel.

Le site comprend 4 châteaux construits à distance presqu'égale les uns des autres, avec au nord, au pied de la construction principale, les ruines du village castral de Cabaret.

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Présence cathare :

Ce site ne fut pas choisir au hasard, car le secteur est particulièrement riche en minerais, certains exploités depuis l'Antiquité : cuivre, plomb, fer, argent, or !

Le système défensif de Lastours avait donc pour première fonction de contrôler cette région minière.

Au début du XIIIème siècle, Cabaret est un centre important d'activité religieuse des "bonshommes". Il abrite à cette époque de nombreuses "maisons cathares" tenues par des parfaites qui pratiquent l'artisanat textile.

Le village de Lastours :

Le village de Lastours (163 habitants), qui tire bien évidemment son nom de la présence des tours, est étagé dans la vallée sinueuse de l'Orbiel.

Il est implanté sur les 2 rives de la rivière, à 200 mètres d'altitude, au pied des 4 ruines situées quelques 120 mètres plus haut.

Ce sont les richesses minières des environs qui ont favorisé le développement de la métallurgie dans le village, avant de s'orienter au XIXème siècle vers l'industrie drapière.

L'ancienne usine réhabilitée :

C'est d'ailleurs dans l'ancienne usine Rabier, qui a développé une activité textile importante jusqu'au milieu du XXème, qu'a été installée la structure d'accueil touristique.

Outre la billetterie (et un restaurant gastronomique), les locaux abritent une exposition, "Lastours, 4000 ans d'histoire", présentant les principales découvertes issues de 25 ans de fouilles.

Le vaste volume de l'ancienne usine a permis l'installation d'une succession de plans inclinés permettant d'accéder à la passerelle franchissant la route pour accéder au chemin d'accès aux châteaux.

La vieille église :

La passerelle métallique franchie, il faut partir à l'assaut de l'éperon rocheux par une succession d'escaliers et de sentiers souvent aériens.

Ceux qui ont "la rate qui s'dilate" ou les "hanches qui s'démanchent" veilleront à adopter un rythme "tranquille" dès le départ, et à se munir par temps chaud d'une bonne gourde d'eau fraîche !...

A mi-hauteur, on passe à proximité de la vielle église, dont il ne subsiste que le mur nord. Elle aurait été construite à la fin du XIème s, et remaniée au XIIIème. Elle était composée d'une nef unique de 15 m sur 11 m.

Un doute subsiste sur son appartenance : était-elle l'église du village initial de Cabrerets ou de la nouvelle localité de Rivière érigée plus au sud au XIIIème s à la demande de l'autorité royale ?...

Le Trou de la Cité :

Le site des châteaux ruinés de Lastours compte une quarantaine de cavités, dont la plus grande, baptisée "le Trou de la Cité", se trouve sur le cheminement vers les tours, et on doit la traverser.

Ce tunnel souterrain, remanié de nombreuses fois, a été diversement utilisé à maintes reprises tout au long de la vie du site : réserve, refuge, bergerie, cave, magasin,... Au Moyen-Age il a même dû être fortifié, car une baie y a été aménagée afin de surveiller l'extérieur.

Il est fort probable que cette grotte ait également constitué une salle basse du Château de Quertinheux (mentionné en 1129), destiné à surveiller le col qu'empruntait jadis la principale voie de communication : le chemin de Carcassonne (ville située au sud, à une quinzaine de kilomètres).

Le château de Quertinheux :

Une volée de marches plus haut (c'est en fait cette première partie du parcours qui s'avère la plus "soutenue"...), on atteint la première des quatre tours : le château de Quertinheux.

Avant d'aller plus loin dans le récit (il faut bien souffler un peu...), il faut que je précise ici qu'à l'époque du catharisme, les bâtisses fortifiées n'occupaient pas la place actuelle.

En effet, après la Croisade des Albigeois et en représailles, les troupes royales ont détruit le village et les châteaux initiaux (qui n'étaient que 3 en ce temps-là...), pour les reconstruire plus haut sur la crête.

Le château de Quertinheux :

Il constitue un véritable poste avancé, offrant une vue dégagée au nord sur les 3 autres châteaux, et au sud sur le village. Il a été bâti selon un plan à la structure complexe ; les chemins de ronde sont construits sur des arcs de décharge brisés, surmontés d'une tour circulaire percée d'archères.

Deux citernes recueillaient l'eau de pluie des toitures et des remparts. Une avancée en chicane défendait l'accés principal. Des appentis étaient adossés à la tour.

Au début du XVIème s, Quertinheux a été adapté aux progrès de l'artillerie, et conserve à l'est la trace de canonnières.

Le château de Surdespine :

C'est le plus haut perché des quatre. Son premier témoignage écrit date de 1145 ; à cette époque il était le plus grand de l'ensemble. Il fut également appelé plus tard "Fleur d'Espine".

D'allure compacte, il est dominé par une tour carrée (qui devait faire office de donjon) accolée à une citerne et séparée d'un logis.

Cet édifice se singularise par la rareté de ses meurtrières, et est percé de quatre fenêtres en plein cintre.

La Tour Régine :

Elle est le plus petit édifice de Lastours, et fut construite vers 1240 grâce aux moyens matériels et financiers du Roi de France. Appelée également Tour Neuve, elle est la réplique de certaines tours de l'enceinte du château Comtal de la Cité de Carcassonne.

Les archères à étrier sont parmi les éléments les plus remarquables de la tour. Le rez de chaussée abrite une citerne.

Le deuxième étage, accessible par un escalier hélicoïdal en bois, est surmonté par une coupole circulaire appareillée en colimaçon...

Le château de Cabaret :

Il constitue l'édifice principal, commandant l'ensemble fortifié. Il est le plus vaste du site dans sa forme ultime.

Il est composé de trois parties : un donjon polygonal, un corps de logis rectangulaire et une courtine polygonale ceinturant l'ensemble.

Le chemin de ronde au sommet des courtines repose sur des arcades aveugles en arcs brisés.

Il domine le site de l'ancien village castral de Cabaret, situé en contrebas à l'ouest.

Une histoire mouvementée :

A l'époque féodale, la famille de Cabaret tire sa richesse des mines de fer. A l'époque du catharisme, ils deviennent des adeptes de la nouvelle religion.

En 1209, le site subit les premiers assauts des Croisés de Simon de Monfort, mais résiste victorieusement, comme lors des attaques suivantes.

Ce n'est que 20 ans plus tard, qu'affaiblis et isolés, les seigneurs de Cabaret négocient leur capitulation après 2 ans de siège.

A la fin de la Croisade, les troupes royales détruisent le village et les châteaux, qui sont alors reconstruits sur la crête...

 

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