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Le Luberon (2) 

Nous atteignons maintenant les localités situées au pied du Grand Luberon. Le village de Cucuron dispose d'un riche patrimoine : remparts, église Notre-Dame de Beaulieu, donjon Saint-Michel, Tour Sus Pous, portes fortifiées,...

A l'extérieur des remparts, un grand bassin entouré d'arbres bi-centenaires est très apprécié par les fortes chaleurs d'été. Ce cadre unique a servi de décor à de nombreux films : "le hussard sur le toit" (1994), "un été de canicule" (2003) ou "a good year" (2005)...

 

Et même les maisons de la vieille ville qui paraissent anodines extérieurement peuvent recéler à l'intérieur de véritables trésors architecturaux. C'est la cas de la bâtisse où se trouve le restaurant de l'Horloge : les repas sont servis dans les salles voûtées du sous-sol en pierres apparentes, qui abritent un ancien pressoir à huile du XIVème siècle.

Après avoir été broyées et malaxées, les olives sont réduites à l'état de pâte fine et onctueuse. Pour récupérer l'huile qu'elle contient, on utilisait jadis une presse de ce type. La pâte est placée dans des paniers plats et ronds (les scourtins), empilés sous une presse en bois à vis sans fin. C'est souvent la force des bras qui sert de force motrice, et les paniers sont arrosés d'eau chaude pour favoriser l'extraction de l'huile...

A 4 km au sud-est de Cucuron, le village d'Ansouis est classé parmi les "plus beaux villages de France". Bâti sur le versant d'une butte protégé du mistral, il occupait une position stratégique pour contrôler autrefois le passage entre Apt et Aix en Provence.

Les maisons disposées en hémicycle sont dominées par le château du XIIème siècle, ancienne forteresse adoucie par des transformations et des ajouts au XVIIème siècle. L'église Saint-Martin occupe l'ancienne cour de justice du château, et a été construite sur les murailles de protection de la maison forte médiévale...

Toujours plus à l'est, La Tour d'Aigues se repère facilement grâce aux imposants restes d'un vaste château. La présence d'un tel édifice monumental en ce lieu est dû au rôle de surveillance de la vallée de la Durance joué par le village au moyen-âge.

Le château a été construit au début du XIVème siècle autour d'un donjon primitif. Il était entouré de douves sur trois côtés, ayant nécessité d'importants travaux hydrauliques pour les alimenter. Au XVIème siècle, toute la partie sud de l'édifice est détruite pour laisser place à une magnifique façade "renaissance" dont il reste les deux pavillons d'angles et le triomphal portail d'entrée...

En remontant vers le nord, le village de Grambois apparaît, perché sur un coteau escarpé telle une forteresse, le Grand Luberon en toile de fond. Il domine la plaine où transparaît sa longue vocation agricole : cultures maraîchères et fruitières, vigne.

Des trois châteaux successifs que compta le village, il ne reste que la demeure seigneuriale de la fin du XVIème siècle qui se caractérise par sa belle tour d'angle ronde. Une fontaine, qui nécessita deux siècles avant de voir le jour, trône au milieu de la place où furent tournées quelques scènes de "La gloire de mon père" : la partie de boules et le retour de la chasse aux bartavelles...

En repartant vers l'ouest, on passe à proximité de l'étang de la Bonde, qui fut construit au XVème siècle pour alimenter le château de la Tour d'Aigues, puis plus tard la fontaine de Grambois. C'est le plus grand plan d'eau de la région ; il est géré par la société du canal de Provence.

Son eau n'est pas potable et est utilisée pour l'irrigation : elle a ainsi contribué au développement de l'agriculture dans ce secteur. Depuis sa réalisation, il est alimenté par une source (du Mirail), mais de nos jours il peut être rempli si nécessaire par pompage dans le canal de la Durance. Ses rives accueillent une base nautique et une aire de baignade ; elles sont très appréciées des pique-niqueurs locaux...

Au-delà de Cucuron, un peu à l'écart des routes principales, le petit village de Vaugines flirte avec le versant sud du Grand Luberon que l'on peut rejoindre par plusieurs sentiers de randonnée. Un peu à l'écart des habitations, l'église Saint-Sauveur résulte de la fondation d'un petit monastère en 1004.

Le caractère typiquement provençal du village et son harmonie particulière ont attiré l'oeil de nombreux réalisateurs. Vaugines a effectivement servi de cadre au tournage de "Jean de Florette", "Manon des Sources", "Un été de canicule" ainsi qu'à la saga télévisuelle estivale "Le château des oliviers" avec Brigitte Fossey et Jacques Perrin...

Avec la multiplication de ses restaurants gastronomiques et de ses boutiques de mode ou de décoration, le village de Lourmarin véhicule en saison un certain snobisme. Passée la période estivale, la bourgade retrouve une certaine quiétude et il fait bon flâner dans ses ruelles piétonnes au charme provençal indéniable.

Outre son architecture exceptionnelle, le château du XVème siècle présente de très belles collections de mobilier, d'objets d'art ou d'instruments de musique. C'est à Lourmarin, classé "plus beau village de France" que reposent Albert Camus et Henri Bosco...



On quitte le versant sud du Luberon en empruntant une gorge encaissée et sinueuse séparant le Petit du Grand Luberon : la Combe de Lourmarin. Le ruisseau de l'Aiguebrun se faufile entre des falaises calcaires tourmentées, et partage son lit avec la route tourmentée également, et qui offre peu de possibilités de stationnement.

En descendant vers le village de Buoux, le clocher à quatre étages du Prieuré de Saint-Symphorien émerge au-dessus de la forêt. Il dépendait de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille au XIème siècle. Les deux chapelles romanes entièrement ruinées ont été restaurées dans les années 80...

C'est sur un éperon rocheux allongé, situé au carrefour de deux axes importants de communication dans le Luberon, que se dressent les ruines du fort de Buoux. Sa situation aérienne constituait un obstacle pratiquement infrachissable à toute tentative d'invasion ou de pénétration. Devenu au XVIème siècle refuge des Huguenots, il fut démantelé vers 1660 sur ordre de Louis XIV.

La visite du site est impressionnante ! Tout au long du parcours on rencontre les trois enceintes défensives qui le protégeaient, une église romane, des habitats rupestres, des maisons enfouies, des silos taillés dans le rocher, des citernes, un donjon, des portes fortifiées, etc...

La terrasse supérieure de cet impression monolithe calcaire offre un panorama sur la vallée encaissée de l'Aiguebrun qui coule en contrebas, abritant divers hameaux de la commune de Buoux, et sur le Plateau aride de Claparèdes. Les différentes falaises du secteur constituent des sites d'escalade réputés.

La descente du fort peut s'effectuer par un passage dérobé particulièrement aérien, empruntant notamment un escalier abrupt, entièrement taillé dans la roche à flanc de paroi, et suffisamment camouflé par la végétation ambiante pour ne pas s'offrir aux regards d'éventuels assaillants...

En passant maintenant sur le flanc nord du Petit Luberon, nous voici aux portes du village de Bonnieux dont les maisons serrées s'étagent en belle harmonie sur les flancs de la colline où il s'est établi dès l'âge du bronze. Au premier siècle, ce territoire était traversé par la voie romaine allant de Cadix à Milan, l'un des axes de circulation de l'époque gallo-romaine les plus fréquentés d'Europe occidentale.

La chapelle Saint-Sauveur constituant la partie romane de l'église haute a été édifiée au XIIème siècle par les Templiers. Aux siècles suivants, le bourg sera entouré de remparts percés par quatre portes. Au début du XIVème siècle, la commune devient terre pontificale formant une enclave dans le Comté de Provence...

Depuis les nombreuses terrasses de Bonnieux, le regard porte jusqu'au village de Lacoste, situé lui aussi à flanc de colline à trois kilomètres à vol d'oiseau. Ses ruelles bordées de maisons en pierre de taille et chargées d'histoire conduisent aux vestiges du château du Marquis de Sade, que le couturier Pierre Cardin a restaurés.

Depuis le rebord des douves de cette ancienne forteresse féodale, la vue s'étend au nord vers Le Ventoux et les Monts du Vaucluse, sur la vallée d'Apt, laissant apparaître de place en place de nombreux villages perchés dont beaucoup ont été présentés dans ces pages. Comme la plupart des autres localités des environs, Lacoste a accueilli de nombreux artistes et artisans...

Nous terminerons cette boucle autour du Luberon à Ménerbes, autre "plus beau village de France" ! Depuis les vergers de cerisiers qui s'étendent à ses pieds, Ménerbes offre un superbe alignement de maisons et demeures qui s'étirent sur une étroite crête en forme de vaisseau.

A l'époque gallo-romaine, de nombreuses "villae" avaient été construites au bas du bourg actuel. Lors des guerres de religion, la ville enlevée par surprise par les Huguenots à la suite de la trahison d'un prêtre, dut soutenir un siège de quinze mois de la part des troupes catholiques appartenant au pape et au roi de France.

De nombreuses personnalités viennent poser leurs valises au plus fort de la saison sur les flancs du Luberon, y faisant flamber les prix de l'immobilier. Mais l'été fini, les villages retrouvent une relative quiétude et on peut apprécier tout le charme provençal qui se dégage de ses différents recoins...




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