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Au fil de la Vallée du Jaur,

dans les Avant-Monts héraultais

Le Jaur est une courte rivière cévenole, née d'une résurgence souterraine, qui coule du sud-ouest vers le nord-est (une orientation fort originale pour le région !), entre montagne du Haut-Languedoc (nous sommes dans le Parc Naturel régional éponyme) et le moutonnement de collines du Haut-Biterrois. Bénéficiant tout à la fois des influences climatiques maritime, océanique et continentale cette vallée originale multiplie les contrastes...

Saint Pons de Thomières

Implantée en fond de vallée, entourée de montagnes, carrefour important sur la route reliant le Tarn à la Méditerranée, cette ville de 2300 habitants est le siège du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc.

Occupée dès la préhistoire, ce fut la fondation d'une abbaye en 936 qui donna à la localité un rayonnement religieux important jusqu'au XIV° siècle.

C'est l'industrie textile et le commerce qui y est lié qui prit le relais jusqu'au XVII° siècle. Siège d'un diocèse (créé en 1318), sous-préfecture après la Révolution, Saint-Pons reste de nos jours un centre administratif, commercial et touristique important des hauts cantons héraultais.

Saint Pons de Thomières - Source du Jaur...

Au coeur de la ville, surgit sous forme d'une exurgence de type vauclusien la rivière Jaur, au pied d'une falaise calcaire de 37 mètres de hauteur (partie intégrante du Roc de la Masque : le Rocher de la Sorcière). La cavité mesure 18 m de large sur 6 m de haut, et l'eau sourd à une température de 10° en été.

Cette grotte a servi de sanctuaire à l'époque protohistorique (- 1000). 90 mètres en amont de la résurgence, l'eau est pompée pour alimenter la ville.

 

Les abords de la source sont aménagés en jardin public, et représentent l'une des particularités naturelles de cette localité. La partie souterraine de la grotte, constituée d'un réseau complexe de galeries karstiques, est de très grande dimension. Alors que nous sommes sur la façade méditerranéenne, les eaux proviennent du versant atlantique. Le Jaur naissant, en grande partie canalisé à l'intérieur de la localité, va traverser la ville de St-Pons pour se diriger ensuite en direction du nord-est, au pied des Monts du Somail.

Saint Pons de Thomières - la cathédrale

La présence de la cathédrale, dont la taille est disproportionnée avec l'importance de la ville, illustre parfaitement le rôle religieux joué autrefois par St Pons.

Maintes fois remaniée et transformée, c'est un mélange de style roman (XI° s) et de baroque (XVIII° s). A l'intérieur, les orgues anciennes sont classées parmi les plus prestigieuses de France.

Saint Pons de Thomières - la ville mage et la ville moindre

La bourgade de Saint-Pons s'est développée des deux côtés de la rivière du Jaur : autour de l'église et des vastes bâtiments abbatiaux se constitue la ville mage, fortifiée ; sur la rive droite, se situe la ville moindre, avec ses propres remparts. Le territoire de Saint-Pons est vaste, et l'ensemble forme une seigneurie qui appartient à l'abbaye. Lieu de passage et d'échange commercial à la limite des territoires du comte de Toulouse et du vicomte de Trencavel, les guerres de religion porteront un coup fatal à la ville.

 

Saint Pons de Thomières - déclin industriel

Le 19ème siècle voit l'émergence d'une bourgeoise aisée enrichie dans la tourmente révolutionaire et devenue la tenante du conservatisme. L'industrie textile se développe avec de nombreuses petites entreprises faisant de Saint-Pons une ville ouvrière et revendicative ! Le 20ème siècle est une période de déclin : Saint-Pons-de-Thomières perd sa sous-préfecture en 1926, et devient simple chef-lieu de canton ; l'industrie textile disparaît définitivement, et sans autre alternative économique. La mairie s'est installée dans l'ancienne résidence épiscopale.La création du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc devrait être un atout pour la ville qui en est le centre administratif.

Saint Pons de Thomières - la tour Saint Benoît

La tour Saint Benoît, ancienne tour de garde, abrite aujourd’hui une partie des bureaux du Parc naturel régional du Haut-Languedoc. A côté, le nouveau musée de préhistoire régionale est aménagé dans un bâtiment ancien dont les fondations datent de la construction de l’abbaye. Ces structures moyenâgeuses bordaient le cloître de l’abbaye, qui a disparu au XVIIIe siècle, pour tracer l’artère qui devait relier Toulouse à Béziers.

Saint Pons de Thomières - le marbre

Il existe près de la ville de St Pons un important gisement de marbre, dont plusieurs carrières ont été exploitées depuis très longtemps. Un ex-voto de l'époque Romaine, en marbre du pays, est exposé actuellement dans le hall de la mairie. Exploitées ensuite par des moines, c'est à la fin du XIXème siècle que les exploitations se sont développées. Le site, actuellement en sommeil, est riche de marbres aux teintes variées : blanc, violet, rouge, noir, veiné,...

La piste verte de la vallée du Jaur

Située entre Courniou et Mons la Trivalle (au départ des Gorges d'Héric), sur 32 km, elle a été aménagée sur l'ancienne ligne SNCF reliant Montauban à Montpellier.

Cette ligne ferroviaire avait été achevée en 1889, et connut son apogée (passage de 12 trains quotidiens...) en 1938. La ligne de voyageurs disparut en 1972, et le trafic de marchandises cessa en 1987.

Ce parcours original suit l'un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle en empruntant la route médiévale "vieille Toulouse", et suit la rivière du Jaur.

La piste, aménagée pour piétons et cyclistes, sécurisée, emprunte le tracé de l'ancienne voie ferrée, ainsi que tous ses ouvrages d'art (tunnels, ponts et viaducs de type Eiffel).

Elle déroule son parcours entre la zone montagneuse du nord (Massifs du Somail et de l'Espinouse) et les Avants-Monts au sud.

Son faible dénivelé la rend accessible au plus grand nombre de personnes, et, passant au coeur même des villages, elle permet un accès facile aux commerces et lieux de restauration ou d'hébergement.

De nombreux sentiers locaux de petite randonnée qui débouchent sur elle favorisent visites et escapades nouvelles...

L'objectif des conseils généraux du Tarn et de l'Hérault est de relier par une voie piétonne continue le village de Cordes (81) à la ville de Bédarrieux (34), ce qui représente près de 200 kilomètres de parcours ininterrompu....

Riols...

Après Saint-Pons, le premier village que va rencontrer le cours d'eau est celui de Riols (684 habitants), et c'est un pont en arc à trois travées, appelé pont de la Banasse, terminé en 1682, qui va le franchir pour rejoindre le secteur vallonné et boisé des Avants-Monts. La commune de Riols est très étendue, avec sa "tête" dans la montagne, et ses "pieds" dans la vallée...

Au pied de l'église romane St-Pierre, originaire du XIème s. et remaniée au XVIIIème, les maisons riolaises s'étirent le long de la rivière, et quelques-unes d'entre elles ont accueilli autrfois des draperies, ancienne industrie de la vallée liée à la qualité de l'eau qui coule en quantité à proximité. A la fin du XVIIème siècle, on compte 5 fabriques employant une centaine d'ouvriers et de tisserands. Au XIXème siècle, ce sont dix entreprises qui fonctionnent dans ce petit centre industriel comptant alors plus de 2000 habitants...

Notre Dame de Trédos

Après avoir franchi le Jaur à Riols, une petite route sinueuse conduit à la Chapelle Notre Dame de Trédos, dont le nom apparaît dans l'histoire en 940 sous l'appellation Notre Dame des Trésors. Les Comtes de Toulouse possédaient à cet endroit même une propriété, le Château d'Euzèdes ; on retrouve leurs armes sur le bénitier en marbre incarnat du sanctuaire.

Cette chapelle appartint à l'abbaye de Saint-Pons ; les paysans du secteur allaient y prier quand la pluie se faisait attendre ! Un certain nombre de légendes s'y rattache : un pèlerinage en 1600 qui aurait terrassé une épidémie de peste, une statue de la vierge qui se serait élevée dans les airs, ou une jeune bergère qui aurait découvert la statue de Notre-Dame des trésors grâce à une chèvre...

Prémian...

Retour dans la vallée... Avant d'aborder un méandre provoqué par une barre rocheuse, le Jaur se glisse sous le caractéristique Pont de Prémian (XVIIIème s.), petit village paisible de 405 habitants qui fut au cours de la seconde guerre mondiale un haut lieu de la résistance héraultaise.

Prémian : le chemin des 1000 marches

Au départ de Prémian, le GR 77 emprunte le chemin des 1000 marches pour se hisser sur le plateau du Somail, pour rejoindre le GR 7 au lac de Vésoles, avec à la clé une dénivellation de 740 mètres ! Bien souvent, les marches sont taillées à même le rocher, ou assemblées selon les techniques de la pierre sèche, à savoir sans le moindre liant. Ce parcours, dont un tronçon est appelé également chemin des Gardes, a été réalisé dans la deuxième moitié du XIXème siècle par l'administration des Eaux et Forêts pour accéder en haut des versants escarpés des montagnes sudistes. L'objectif était de reboiser intensivement ce secteur afin de limiter l'érosion et les inondations qu'elle entraînait.

Le Saut de Vésoles

Dans la seconde moitié du parcours de ce chemin des 1000 marches, on accède dans un grand ravin minéral, baptisé le Saut de Vésoles. Sur près de 350 mètres de dénivelé, le chemin part à l'assaut des 2 rives particulièrement escarpées du ruisseau du Bureau, qui effectue de nombreuses cascades entre lesquelles s'étalent parfois quelques vasques rafraîchissantes. Cette énorme cassure en rebord du Plateau du Somail dirige vers le Jaur, et donc vers la Méditerranée, des eaux logiquement destinées à l'Atlantique.

Le lac de Vésoles

C'est sur ce ruisseau du Bureau, qui draine les tourbières environnantes, qu'a été construit en 1957 le barrage de Vésoles. Une digue de 54 m de haut retient un lac de 59 ha, dont les 3 millions de m³ d'eau emmagasinée alimentent la centrale hydro-électrique de Langlade rencontrée au cours de la montée. Situé dans un espace vierge de toute habitation et enserré au milieu des forêts et des landes, le lac de Vésoles est au centre d'un vaste réseau de sentiers de randonnée.

Autant en été il capte la chaleur méditerranéenne, autant en hiver cet immense plateau est sous l'influence des conditions climatiques du Massif Central. Aussi la neige est souvent au rendez-vous, et si le moindre rayon de soleil a vite raison des flocons exposés au sud, le froid peut fixer longuement la couche de neige accumulée dans des endroits mieux protégés, alors que les eaux du lac sont souvent figées par la glace.

Le Somail

Nous sommes là au coeur des Monts du Somail, situés entre 900 et 1050 m d'altitude, et dont les croupes sont essentiellement couvertes de forêts : hêtres et châtaigniers d'origine, puis sapins et épicéas à la suite des reboisements. L'espace forestier est entrecoupé de landes, prairies et tourbières. Le Somail est situé sur la ligne de partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée, bénéficiant ainsi des perturbations respectives. D'où un climat de montagne humide et frais, avec vent ou brouillard fréquents et (comme nous venons de le voir) neige en hiver.

Le menhir de Folabric

A proximité du lac, se dresse le menhir de Folabric. Il appartient aux statues-menhirs du Haut-Languedoc, représentations humaines érigées par les Saintponniens entre 2500 et 1800 avant J.C. A l'époque de la pierre polie, un peuple chassé des régions alpines (en raison du climat) et des rivages méditerranéens (à cause des inondations) vint s'installer dans la vallée du Jaur, plus accueillante, et pourvue de nombreuses grottes. Le Musée de la Préhistoire à Saint-Pons retrace toute cette époque.

Les constructions montagnardes

Dans cette région de contrastes, l'habitat d'une même commune peut revêtir des formes totalement opposées : aux constructions typiquement languedociennes en briques et toits de tuiles de la vallée s'opposent les habitations montagnardes aux épais murs de pierres et lourdes toitures couvertes de lauzes. Les lauzes sont des pierres plates, très pesantes, taillées souvent en carré, en général dans du schiste ou parfois dans du calcaire.

La Résistance

On peut redescendre vers Prémian en empruntant le Chemin de la Résistance, qui retrace les actions de l'Armée Secrète contre l'occupant et rend hommage aux Résistants héraultais. En effet, cette montagne au relief accidenté et ces forêts difficilement pénétrables abritèrent de nombreux mouvements clandestins, et de nombreuses fermes abandonnées devinrent autant de maquis.

Les Avant-Monts

Au pied des Monts du Somail et de l'Espinouse, sur la rive opposée du Jaur, s'étend une vaste zone de collines et de vallées, très boisées, peu peuplées, appelées les Avant-Monts héraultais. Situés entre la Montagne Noire et la plaine de Béziers, on dit également le Haut-Biterrois. L'habitat y est surtout constitué de hameaux dispersés, longtemps dépeuplés, mais particulièrement pittoresques. Les forêts sont entrecoupées de vignobles réputés (Faugères, Saint-Chinian, Minervois), et la garrigue y règne en maître...

Saint-Étienne d'Albagnan...

Deux kilomètres en aval de Prémian, on retrouve la copie conforme du pont précédent, dont on remarquera là-aussi la taille importante en regard du niveau de l'eau : c'est lié aux grandes différences de débit saisonnières de la rivière, car les crues peuvent y être parfois très importantes. Les bonnes terres alluviales ont favorisé le développement des jardins en bordure de rivière. C'est sur le territoire de la commune de Saint-Étienne d'Albagnan que se dresse la chapelle de Notre-Dame de Trédos, précédemment évoquée.

La source Frejo

Deux kilomètres environ avant Olargues, avant de franchir le pont de la piste verte traversant le Jaur, il faut emprunter un petit sentier qui conduit en 5 minutes à un endroit très rafraîchissant : la source Frejo. En occitan, "frejo" signifie froide. En effet, il s'agit d'une résurgence qui s'écoule en cascade par une anfractuosité de la roche pour venir alimenter une belle vasque située dans un méandre du Jaur. Un lieu de baignade très fréquenté par grande chaleur...

Olargues...

Le Jaur continue sa route, sinuant en fond de vallée, s'appuyant essentiellement sur les contreforts montagneux du sud, creusant parfois quelques courtes gorges, s'élargissant plus loin. C'est une rivière épanouie qui atteint le village d'Olargues (592 habitants), classé parmi les plus beaux villages de France...

La rivière passe sous le pont du diable, à une seule arche élancée, construit au début du XIIIème siècle, et qui constitua longtemps le seul accès à la bourgade. Car Olargues s'est implantée ici très tôt, au tout début des temps historiques, sur une arête rocheuse qui imposa un nouveau méandre au cours d'eau...

Dominée par sa tour-clocher, la localité déploie ses ruelles pavées et ses escaliers qui descendent jusqu'au Jaur... C'est lui qui favorisa au XVIIIème siècle l'installation de plusieurs manufactures produisant des draps de laine.

A 17 km à l'est de St Pons, Olargues est une ville nouvelle du XII° siècle, même si ce secteur de la vallée était habité dès la préhistoire. Son emplacement a été choisi car situé au croisement de routes importantes, défendu naturellement sur trois côtés, et disposant d'eau en quantité et de terres cultivables bien exposées.

Elle a été implantée dans un méandre du Jaur, contre un promontoire, entourée de nombreuses fortifications afin de se protéger face à l'insécurité ambiante de l'époque (1127).

Olargues - le pont du Diable

Au XIII° siècle est construit le pont en dos d'âne afin de relier la ville à la route Toulouse - Nîmes qui suit la vallée du Jaur, puis de l'Orb. Il s'intègre parfaitement dans la trame cadastrale du village médiéval, et a bénéficié d'un travail d'une exceptionnelle qualité technique. Il est appelé également "pont du diable", apparemment parce qu'il était le site de transactions entre le diable et les villageaois... Il a constitué pendant longtemps le seul accès possible au bourg, mais actuellement le village est desservi par deux autres ponts situés de part et d'autre de celui-ci.

Olargues - la vieille ville

Le village est dominé par une tour, clocher du Xème siècle, restes de l'ancien donjon du château. Ce dernier, après avoir subi les guerres de religion et les pillages, a été détruit sur ordre de Richelieu.

La vieille ville est un dédale de ruelles pentues, inaccessibles pour la plupart à la circulation automobile. Beaucoup sont caladées (empierrées avec des galets du Jaur). Elle a conservé de nombreux témoignages de son riche passé : tour-clocher du Castrum, portes, caves, places, escaliers taillés dans la roche, remparts, chemin de ronde.

Olargues - l'escalier de la Commanderie

Le spectaculaire escalier de la Commanderie, composé de 64 marches chacune taillée dans une même pierre, permet d'accéder au musée d'arts et traditions, qui retrace 5000 années d'histoire locale. Il est implanté dans une vieille maison bourgeoise au détour d'une ruelle tortueuse.

Le Prieuré de Saint-Michel d'Olargues

Le Prieuré de Saint-Michel d'Olargues, implanté au milieu des vignes à deux km du bourg entre le caroux et la rivière, est constitué à l'origine d'une église romane du XIème s. avec un chevet réalisé en basalte. La nef a été agrandie vers le nord au XVIIème s., modifiant ainsi l'axe du choeur. Cet édifice accueille de nombreux concerts de musique religieuse ou classique.

Les Marrons d'Olargues

Le châtaignier est présent dans le Haut-Languedoc depuis le néolithique. Jusqu'au XIXème siècle, il a constitué dans cette région la base de l'alimentation (on l'appelait "l'arbre à pain"), aussi bien pour les hommes que pour les animaux. Il produit le marron d'Olargues, réputé pour sa taille et sa chair sucrée, qui devrait bénéficier bientôt de l'AOC "marron des Cévennes et du Haut-Languedoc".

Un climat contrasté...

Dans cette zone importante de conflits, mais uniquement climatiques s'entend, plusieurs types de végétation opposées cohabitent... Le hêtre et le sapin colonisent les Monts de l'Espinouse au nord (à 2 ou 3 km à vol d'oiseau seulement), alors que les chênes verts et le thym occupent les versants près de la vallée. Au début du printemps, les pentes sont colorées par les touches jaunes du mimosa ou roses et blanches des arbres fruitiers...

L'Espinouse

Le Massif de l'Espinouse, qui domine au nord le secteur d'Olargues, est plus sauvage, plus tourmenté et moins fréquenté que celui du Somail. Les affleurements rocheux y sont très fréquents, tout comme les landes qui se colorent en mauve en été (bruyères) et en jaune au printemps (genêts). L'Espinouse est le plus haut sommet de l'Hérault (1124 mètres d'altitude), et ce massif se prolonge à l'est par le Caroux. Montagne formée de terrains anciens, elle possède au nord-est des gisements de houille autrefois exploités.

Les champignons

Ces vastes ensembles forestiers abritent en saison (automne essentiellement) une large gamme de champignons, parmi lesquels le cèpe est bien le roi chez les sudistes. Têtes de nègres, cèpes de Bordeaux ou cèpes des pins y sont très recherchés (comme dans le reste de la Montagne Noire ou des Monts de Lacaune) par les cueilleurs qui viennent parfois de très loin ! Mais les connaisseurs remplissent également leur panier avec girolles, pieds de moutons, bolets divers, lactaires, trompettes des morts, rosés des prés, mousserons ou coulemelles...

Mons La Trivalle...

C'est à Mons La Trivalle que le Jaur va terminer sa courte vie après seulement 29 kilomètres de cours... Cette rivière cévenole originale a détourné l'eau destinée initialement à l'Atlantique pour la déverser dans la Méditerranée par l'intermédiaire de l'Orb, qui va rejoindre la Grande Bleue après avoir irrigué Béziers...

C'est dans cette commune scindée en une douzaine de hameaux dispersés que prend fin également (mais sans doute provisoirement) la Voie Verte qui emprunte l'ancienne voie ferrée issue du Tarn, et dont le parcours est commun à celui de la rivière.

Mons La Trivalle est dénommée "la commune aux 3 vallées" : du Jaur, de l'Orb, auxquelles il faut rajouter celle d'Héric, qui entaille profondément le plateau du Caroux...

Les cerisiers du Jaur

La vallée du Jaur, et surtout le secteur de Mons, regorge de vergers de cerisiers. Relancée dans les années 1970, cette culture produit annuellement quelques 300 tonnes de cerises en moyenne. Les blanches (cerises Napoléon) sont exportées dans l'est pour confectionner des sirops ou des fruits confits ; les rouges (burlat, reverchon,...) se retrouvent sur les marchés locaux ou livrées dans le sud-ouest.

Le vignoble

Autre culture phare dans la vallée : la vigne ! De nombreuses parcelles partent à l'assaut des collines environnantes, sur une terre caillouteuse qui rehausse la minéralité des vins rouges, à proximité des cerisiers et des oliviers. "Cet environnement de garrigue a une belle influence sur les vins ! Le raisin capte les odeurs de la végétation qui entoure la vigne : châtaigne, ciste, bruyère,..." témoigne un vigneron local produisant des vins naturels sur ce terroir prolifique.

Le Caroux

Il a des petits airs de montagne corse avec ses grandes arêtes rocheuses élancées et ses multiples gorges qui l'entaillent. Baptisé "la montagne de lumière", il culmine à 1091 m. Espinouse et Caroux sont formés de roches métamorphiques (granites, schistes, grès) apparues il y a plus de 300 millions d'années lors de la surrection de la montagne hercynienne. Ses vastes espaces sauvages ont permis la réintroduction du mouflon, espèce qui s'est très bien adaptée à ce relief souvent aride et tourmenté.

Les Gorges d'Héric

Madalle, Combalières, Vialais,... nombreux sont les petits torrents qui ont férocement entaillé le Caroux, en faisant des itinéraires de randonnée très recherchés. Mais la gorge la plus connue et la plus parcourue est sans nul doute celle d'Héric qui s'ouvre depuis le village de Mons-La Trivalle. Son parcours peut se décliner en plusieurs niveaux de difficulté, et ses vasques émeraudes sont très recherchées par grosse chaleur...

Tarassac

Le Jaur se jette dans le fleuve Orb face au hameau de Tarassac, sous les falaises du Caroux. Comme beaucoup de bourgs du secteur, il étage ses maisons aux toits de tuiles rouges sur le versant d'une colline où la garrigue prédomine. Les terrasses placées entre les maisons et les cours d'eau sont occupées par des vignes ou des cerisiers. Comme ses semblables, déserté il y a plus d'un siècle, il attire maintenant de nouvelles populations à la recherche de calme, de nature et de soleil...

 

Le pont de Tarassac

C'est un sympathique pont suspendu, ouvert en 1928, qui permet de franchir l'Orb et de gagner ainsi la plaine biterroise. Il offre de jolis points de vue sur les gorges en amont et la confluence avec le Jaur en aval. Il a remplacé un ancien pont supendu en bois (réalisé en 1871) alors qu'avant sa mise en place la traversée du fleuve s'effectuait en bac, payant...

Le Moulin de Tarassac

Le pont suspendu domine l'ancien moulin de Pradès (datant du XIIIème siècle), qui servait à l'époque au pressage des olives et du blé. Sa taille imposante donne une idée de l'importance économique suscitée par l'eau pendant plusieurs siècles. De nos jours, et depuis 1979, il sert de base nautique, et héberge un club de canoë-kayak qui organise des descentes sur l'Orb.

 

 

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